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21/10/2014

Notre/Votre Congo - La propagande coloniale belge dévoilée

L'ong Coopération Education Culture organise l'exposition "Notre/Votre Congo - La propagande coloniale belge dévoilée" à Bruxelles au musée Belvue du 4 octobre au 30 novembre 2014. Il est temps de sortir le Congo des archives et greniers après plus d'un demi siècle de son indépendance aussi cette exposition vient à son heure et j'en remercie tous les acteurs.
Je me permets cependant de formuler quelques remarques après avoir vu le film introductif présenté dans la première salle de l'exposition.

1°) Le discours du roi Baudouin le 30 juin 1960 est certainement le nec plus ultra, le meilleur, le sommet de la propagande coloniale ne devait-il pas aussi être le bouquet final du film introductif de la propagande coloniale dévoilée? Ce discours aurait dû à mon avis être donné en entier compte tenu de son exemplarité coloniale avec sans doute une allusion à la réponse bien méritée du premier ministre congolais mais je regrette la manière: à peine quelques phrases introductives présentées en alternance avec celles du roi, Lumumba semble acquiescer et la véritable réponse congolaise est absente. Ce discours du roi n'était qu'éloge de la colonisation et une véritable provocation certainement voulue par les autorités belges qui ne pouvaient ignorer l'idéal nationaliste et le tempérament impétueux de Lumumba. Le discours du premier ministre congolais énumérait simplement le contre-bilan de la colonisation, ses revers, injustices, inégalités, exploitations et mépris.

2°) Pourquoi avoir prolongé l'introduction jusqu'à la prise formelle du pouvoir par Mobutu le 24 novembre 1965 sans souffler mot de la période du Collège des commissaires généraux suivie de la réconciliation nationale sous l'égide des Nations-Unies; bien sûr l'objet n'est pas l'histoire du Congo mais la propagande coloniale et d'aucuns ont sans doute souhaité faire le lien entre le pouvoir personnel de Léopold II et celui du nouveau maître du Congo, voilà pourquoi la mention du combat de boxe du siècle Ali - Foreman pour lier les propagandes. Je vous suggère de tenir bien compte de cette remarque si vous songez à présenter l'exposition au Congo.

3°) Il est entendu que le Congo belge n'a pas formé de hauts cadres comme la France qui avait la prétention de former de véritables français mais l'alphabétisation était généralisée au point que la territoriale après dénonciation intéressée des missions réprimandait les parents d'enfants absents. De nombreux auxiliaires qualifiés ont cependant bien été formés dans les domaines de l'enseignement, de l'agriculture et de la santé. Je regrette cependant vivement que par facilité le colonisateur ait divisé le pays en 4 aires linguistiques (lingala, swahili, kikongo, tshiluba) dont les trois premières sont des langues véhiculaires qui furent imposées durant près de 30 ans comme langue d'enseignement dans le primaire au lieu d'alphabétiser les enfants dans leur propre langue maternelle. Je considère cette imposition linguistique coloniale comme une agression culturelle à l'égard de toutes les autres langues des peuples congolais au même titre que le rejet d'autres valeurs comme l'âge précoce du mariage, la palabre, la vie collective, les activités collectives, les mariages multiples (polygamie), la non-accumulation personnelle de biens à l'exception des chefs garants de la sécurité communautaire, l'inaliénation de la terre, la solidarité clanique, l'héritage des veuves, la fraternité élargie à tous les enfants d'un même père (chez les patrilinéaire) ou d'un même oncle (chez les matrilinéaires), les guérisseurs, devins et autres thérapeutes traditionnels, etc...

4°) Pourquoi faire allusion aux mains coupées et à la chicotte, punitions traditionnelles des marchands d'esclaves contemporains de l'époque coloniale ne faisant certes pas partie de la propagande coloniale, on pourrait les comparer aux destructions des organes sexuels masculins et féminins d'après l'indépendance et qui firent non seulement la renommée de la boucherie de Bakwanga où périrent les principaux lieutenants de Lumumba y envoyés par la lettre du 23 décembre 1960 d'un certain Etienne Tshisekedi au Mulopwé Albert Kalondji mais également celle du Dr Mukwege qui répare les femmes et que d'aucuns souhaitent qu'il soit plus discret car il nuirait à la notoriété du Congo.

5°) Personnellement je ne crois nullement à l'efficacité de cette propagande coloniale auprès des belges venant à la colonie car à peine arrivé le 5 janvier 1959 et constatant l'apartheid jusque dans l'urbanisme des villes et postes d'occupation, j'ai milité pour l'indépendance immédiate et ai sollicité dès le 22 janvier 1959 mon adhésion au MNC (Mouvement national congolais) par lettre adressée à Ngwenza, secrétaire général. Je n'étais pas le seul et le plus connu fut certainement Pierre Duvivier, agent territorial à Stanleyville et qui au 30 juin 1960 était au cabinet du ministre Gbenye; à ce propos quelques belges étaient dans différents cabinets du gouvernement Lumumba mais je n'ai pas connaissance d'une liste exhaustive. Mon adhésion au MNC me fit rentrer dès novembre 1959 à Bruxelles où je fus réintégrer à l'Institut de Sociologie Solvay et j'eus ainsi l'opportunité d'être un des conseillers officieux du MNC à la Table ronde de Bruxelles. D'autres nouvellement arrivés constataient sans aucun doute la même chose mais ne pouvaient avoir cette liberté de penser et d'agir. Les quelques 11 mois passés auprès des populations rurales zande et boa des Uélés m'ont convaincu que le MNC remporterait une victoire aux élections futures. Grâce à mes contacts privilégiés avec le sous-groupe des boa balisi j'ai appris de la bouche d'un grand-père la farouche opposition des boa à la pénétration belge au tout début du siècle qui lui même l'avait apprise de son père. Je suis persuadé que les témoignages oraux sont tout autant que les écrits des documents d'histoire.

6°) Je suis ahuri de la réussite en moins d'un siècle de la propagande missionnaire chrétienne auprès des congolais au point que ces derniers ignorent le plus souvent qu'ils étaient animistes tout en conservant encore quelques attributs. L'Europe et tout le bassin méditerranéen furent aussi colonisés par Rome qui imposa le christianisme au point que les croyances et mythologies des premiers peuples européens, les Celtes, Gaulois, Germains, Slaves et Baltes, sont absentes de leur mémoire collective et toujours peu connues des spécialistes. Mon point de vue en ce domaine pour l'Afrique subsaharienne est sans équivoque sur la bible et la cosmogonie négro-africaine. La bible n'y a pas sa place. "Lorsque les missionnaires sont venus, nous possédions la terre et eux possédaient la bible. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés. Lorsque nous les avons rouverts, nous possédions la bible et eux possédaient la terre," Jomo Kenyatta. Ces paroles du leader historique du Kenya résument à elles seules le bien-fondé de la question. L'utilisateur du bâton d'Ishango n'a pu connaître la bible. Mais d'une façon plus générale j'ajouterai que parler du christianisme c'est lui faire beaucoup trop d'honneur quand on sait qu'il est apparu sur terre il y a seulement 2000 ans, qu'il s'est imposé d'abord à l'empire romain par la conversion de Constantin puis au monde par la conquête, l'inquisition, la négation des peuples autochtones, la traite des noirs et la colonisation. Et que dire alors des hommes ayant précédé le christianisme il y a au moins 3 millions d'années avec Lucy et probablement 7 millions d'années avec Toumaï. De plus je ne suis aucunement persuadé sur le postulat d'un Dieu créateur et tout puissant (3 pouvoirs: esprit, science, politique) dans la cosmogonie kongo et/ou négro-africaine. Que Ekumani Wetschi, Simon Kimbangu, les auteurs Henri Morlighem et Tiarko Fourche d'Une Bible noire-cosmogonie bantu, le belge Placide Tempels, le rwandais Alexis Kagame, le malien Doumbi Fakoly..... en soient persuadés tient peut-être à leur formation. Ce Dieu premier ne vient-il pas d'un syncrétisme religieux inspiré par la Bible et les textes pharaoniques égyptiens (base de notre civilisation gréco-romaine). Je suis seulement convaincu de la valeur très universelle du souvenir. des ancêtres.

12/10/2014

Actualité du combat de Patrice Lumumba

- Historiquement je crois que la Belgique ne s'imaginait pas que Lumumba puisse remporter les élections en 1960 car à la Table ronde de Bruxelles  le MNC n'avait que 3 sièges alors que le PNP en avait 11.

- Ce n'est pas vrai qu'aucun congolais n'avait eu d'expérience politique avant l'indépendance car au niveau du gouverneur général, des gouverneurs de province, des commissaires de district et des administrateurs de territoire il existait des conseils consultatifs paritaires composés de belges et de congolais, pourquoi tous ces conseillers ont-ils oubliés à la Table ronde?

- Lumumba était un  homme politique laïque aussi on peut comprendre que l'Eglise catholique lui était globalement défavorable mais je connais au moins un abbé congolais qui lui fut totalement acquis, l'abbé Othon Bulombi. J'aimerais savoir le sort qui lui fut réservé dans la répression qu'ont eu à subir les lumumbistes  après la mort de Lumumba?

- Pourquoi Bomboko qui contresigna la révocation de Lumumba fut-il décoré le 1er  juillet 2010 de la médaille d'or du Grand Cordon de l'Ordre des Héros nationaux Lumumba - L.D. Kabila? Est-ce du surréalisme?

- Kagame me semble avoir au moins le mérite d'avoir refondé l'ethnie rwandaise et ce malgré le génocide de 1994?  

- Quels sont les moyens de construire la prise de conscience politique de la population? La tentative des comités du pouvoir populaire n'était-elle pas une bonne voie?

- Nkunda est-il un criminel alors qu'il n' a fait que défendre son peuple?

- Pourquoi ce rapport du HCDH (Onu) accusant les troupes rwandaises d'avoir pourchassé les génocidaires hutu jusque dans les camps? Et le droit de poursuite est-il inexistant pour les pays africains?

- Le contrat avec la Chine est certainement un contrat typiquement colonial mais dans l'immédiat afin de reconstruire une bonne part des infrastructures n'est-il pas une bonne chose pour le Congo?

- Par contre pourquoi les pays européens ont-ils encore obligés le Congo a réduire le contrat chinois?

- Ne faudrait-il pas interdire toute exportation de matières premières (minerais, bois) n'ayant subi aucune transformation et certification (afin d'éviter les exportations des tous les creuseurs indépendants qui ne font vivre que des groupes armés officiels ou rebelles)?

- Si vous voulez étudier la doctrine de Lumumba il faut se référer:

1) aux discours et écrits

2)  au programme gouvernemental déposé par Lumumba sur le bureau des Chambres le 20 juillet 1960

3) au témoignage de M. Hermant relatant les dernières paroles de Lumumba du 1er décembre 1960 sur le chemin de Stanleyville (ce témoignage exceptionnel est repris dans le livre de Colette Braeckman, Lumumba un crime d'Etat, Bruxelles, Ed. Aden, 2009, 209 p.)

4)  Jean Van Lierde [édit.], La pensée politique de Patrice Lumumba, textes et documents recueillis et présentés par Jean Van Lierde, Paris-Bruxelles, Ed. Présence africaine, 1963, préface de J.-P. Sartre.

5) (en) Jean Van Lierde [édit.], Lumumba Speaks. The Speeches and Writings of Patrice Lumumba, 1958-1961, Boston, Little Brown and Company, 1972, traduit par Helen R. Lane.

- On reproche parfois à Lumumba d'avoir prononcé le 30 juin 1060 un discours non prévu au protocole. Personnellement j'estime que ce discours devait être prononcé car le discours du Roi Baudouin était outrancièrement paternaliste, c''était ni plus ni mois l'éloge du colonialisme. Je ne peux pas m'imaginer que ce discours mal placé n'ait pas été voulu pour provoquer Lumumba que tous connaissaient comme un impulsif.

- Concernant Tshisekedi, il est bon de rappeler que le leader maximo ne souhaitait pas l'indépendance du pays pour juin 1960, il s'accommodait donc du régime colonial pourtant indéfendable sur le plan des principes, il a trahi le premier gouvernement en participant avec Mobutu et Bomboko au collège des commissaires généraux, à cette époque dans une lettre datée du 23 décembre 1960, il écrivit au Mulopwé que le crapaud Lumumba a été maîtrisé et qu'il recevra bientôt à Bakwanga les principaux lieutenants du MNC Lumumba dont le gouverneur Finant pour qu'ils y soient tous massacrés, en somme il a servi Mobutu durant 20 ans et a en tant que ministre de l'intérieur acquiescé à l'exécution des 4 pendus de la Pentecôte que même le Musée de Tervuren reconnaît comme  des héros de l'indépendance du Congo., il a rédigé le manifeste de la nsele document fondateur du MPR,mais sentant le vent tourné il a quitté Mobutu pour fonder le 2ème parti l'UDPS.

-  Le Palu qui fut longtemps exemplaire existe-t-il encore réellement ou s'est-il détruit par les luttes internes?

- Le développement du Congo doit être basé prioritairement sur l'agriculture et le développement rural; Personnellement je ne vois pas l'avenir du Congo dans des entreprises agricoles ou des colons congolais mais dans l'appropriation de leur avenir par les collectivités villageoises aidées et encadrées par une administration soucieuse du bien commun.

- Concernant Chebeya et Tungulu je considère ces incidents comme des bavures qu'il ne faut pas imputer au pouvoir car ce dernier n'avait aucun intérêt à avoir ces victimes sur le dos il faut toujours se poser la question à qui profite le crime; en conséquence il s'agit peut être d'un coup monté dans lequel seraient impliqués des gens du pouvoir pour discréditer ce dernier.

- Il est bon de rappeler qu'au point de vue matériel le Congo belge était à la fin des années cinquante une réelle réussite: administration, communication, justice, santé, enseignement,.... tout était presque parfait et le budget de la colonie était distinct du budget belge mais le Congo belge était une chose indéfendable car la colonisation belge était la domination du peuple belge sur les peuples congolais et il y régnait l'apartheid jusque dans l'urbanisation des villes. J'ai connu ce Congo colonial et ai adhéré au MNC pour y militer pour l'indépendance. Aujourd'hui il y a lieu de mettre ce pays sous tutelle car il est grand temps de prendre des mesures adéquates avant que ne se lève un Pol Pot. Il faut détruire les villes et renvoyer les gens aux champs. Il faut interdire toute exportation de produits miniers non certifiés provenant des creuseurs indépendants. Il faut tripler les produits alimentaires importés pour qu'il y ait intérêt à produire localement. Il est inconcevable que l'argent des contribuable belge serve à la coopération pour enrichir inutilement quelques individus. Savez-vous que des contrats miniers et forestiers sont actuellement attribués à des individus sans aucune réserve et protection des populations qui y vivent et n'ont plus d'autre issue pour quelques-uns  que de se voir convertis en ouvriers chichement payés.

- Le parlement congolais a déjà été saisi de la part d'un député évêque d'une église du réveil de criminaliser l'homosexualité. Mais ces parlementaires congolais comprennent bien certainement une bonne part d'incirconcis sur le plan socioculturel car ils ignorent que traditionnellement l'homosexualité masculine existait dans plusieurs sociétés congolaises. Faut-il rappeler les martyrs de l'Uganda condamnés pour incivisme et non pour leur foi chrétienne car au Royaume du Buganda l'unité du pays était fondée sur les relations sexuelles des fils du roi avec les jeunes gens envoyés par chaque clan composant le pays.

 

Note à l'attention de tous les agents du développement

Dans la cadre de la coopération au développement avec les pays en voie de développement il y a lieu de se poser les questions suivantes:

1) A quel besoin correspond l'action envisagée?

2) Qui a défini ce besoin?

Si à ces 2 premières questions il n'y a pas eu participation de la population bénéficiaire l'action est à rejeter.

...

3) Quel groupe de population?

S'il n'y a pas de définition du groupe de population et/oi si la population n'a pas été associée, l'action est à rejeter.

4) Quels sont les effets prévus à court, moyen et long terme?`La réponse suppose donc une évaluation permanente avec la population.

5) L'action envisagée s'inscrit dans le cadre de quelle politique?

Il faut une réponse adéquate tant pour le donateur que pour le bénéficiaire.

Le professeur René Dekkers ne disait pas autre chose dans ses "Confessions à Mathieu Kalenda" (Bruxelles, revue Synthèses, n°157, juin 1959): "Ce ne sont pas les Congolais qui sont venus chez nous. C'est nous qui sommes allés chez eux moins par amour pour eux que pour notre profit. Ce faisant, nous avons introduit au Congo un genre de vie, un rythme de vie, une mentalité, des métiers, des arts, des sports, des institutions totalement étrangers aux Congolais. Rien, dans leur histoire et dans leur atavisme, ne les y préparait: ils se sont trouvés dépaysés dans leur propre pays... nous leur avons apporté les problèmes: à nous de les résoudre".