Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

26/04/2009

Katanga business

L'exportation minière est pur colonialisme; qu'elle soit le fait des industriels présents au Katanga  comme la Gécamines (Générale des carrières et des mines, héritière de l'Union minière), le groupe Forrest,  et les firmes étrangères qui se sont ruées dans le partage des ressources minières de la province du Katanga et tout spécialement des gisements miniers de la Gécamines.  Poussée au démantèlement sur proposition de la Banque mondiale, qui a supervisé ces opérations par la voie d’une de ses filiales, à savoir l’Agence multilatérale de garantie des investissements (Amgi), la Gécamines n’est plus que l’ombre d’elle-même, une bonne partie de ses gisements ayant passé sous contrôle, totalement ou partiellement étranger. Ces sociétés, citées dans le rapport parlementaire présenté par la Commission Lutundula, sont notamment: 1. Congo Cobalt Corporation Sprl, Ccc sprl, 2. Mukondo Mining Sprl, 3. Boss Mining Sprl.
L'exportation minière au Congo est aussi le fait du capitalisme d'Etat chinois et des innombrables creuseurs artisanaux nationaux ou même étrangers (indiens, chinois,etc.)
Dans un premier temps le Congo doit miser son développement sur l'agriculture qui peut mettre plus de gens au travail et quand il sera capable de transformer lui-même ses minerais il pourra devenir un pays industriel et prospère. Je n'ai pas vu le film Katanga business mais je crains que ce ne soit qu'une exaltation colonialiste du bon vieux temps.

Commentaires

“Katanga Business” trébuche à Kisangani
posté le 20 juillet 2009 | catégorie actualité
Kisangani devait être la dernière étape de la présentation au Congo du film de Thierry Michel, Katanga Business, qui a déjà été projeté à Kinshasa, Bukavu, Lubumbashi, Likasi, au cours de séances qui, à chaque fois ont suscité enthousiasme, polémiques et débats passionnés.
A Kisangani, les incidents n’ont pas manqué, d’abord techniques, puis, très clairement, beaucoup plus politiques : lors de la première séance de projection, qui se déroulait à l’université, le courant, soudain, a été coupé et la soirée dut être interrompue. Le lendemain, la reprojection du film à l’université s’avéra impossible : les étudiants assura-t-on au cinéaste, étaient en examen, il ne fallait pas les déranger…A toutes fins utiles, Thierry Michel fut d’ailleurs convoqué à l’ANR, l’agence national de renseignements, où on lui demanda des explications à propos de ce film jugé très engagé, très politique.
Le lendemain, le centre Wallonie Bruxelles, qui a une antenne à Kisangani, envisageait de projeter le film dans une salle du centre ville, dûment réservée et louée pour la circonstance mais cette séance, ouverte au grand public, n’eut pas lieu, elle non plus, ayant été tout simplement interdite. La mesure, décidée par le gouverneur de la Province Orientale appuyé par les services de l’ANR a fait grand bruit au sein de la population et en particulier à l’Université, où étudiants et professeurs se sont demandé si leur pays n’était pas en train de revenir aux pratiques de la Deuxième République, ce temps où régnait la censure, où le seuls spectacles possibles étaient ceux qui avaient été autorisés par le « Guide » Mobutu et se consacraient à l’éloge de ses mérites…
Dans le cas de Katanga Business, Thierry Michel et ses amis se demandent toujours quelles sont les séquences de Katanga Business qui ont pu sembler litigieuses : la mise en cause du « lotto » minier qui sévit au Katanga, à l’heure où l’on vient d’apprendre que la presque totalité des terres de la province du cuivre avaient été cédées par le Cadastre minier à des investisseurs potentiels mais aussi à des aventuriers ou des spéculateurs, les images montrant comment sont réprimés des creuseurs qui manifestent afin de protester contre leur éviction des sites où ils trouvaient leur gagne pain, ou encore le portrait très (trop ? ) flatteur du gouverneur du Katanga Moïse Katumbi qui apparaît comme le personnage central d’un film. Même si telle n’était pas l’intention de Thierry Michel, il est évident que Katanga Business contribue à faire connaître le très populiste gouverneur à travers tout le pays et que ses collègues des autres provinces prennent peut-être ombrage de la popularité croissante de celui qui apparaît comme leur rival du Katanga…
Pour leur part, les étudiants de Kisangani, frustrés et déçus, ont donné à Thierry Michel une explication plus simple encore, assurant « tout se passe comme si on nous empêchait tout simplement de réfléchir, comme si on ne voulait pas que nous devenions intelligents… »

Écrit par : braeckman colette | 27/07/2009

"Katanga Business" provoque une controverse autour des opérateurs étrangers

Il met en scène des prédateurs des ressources, des multinationales européennes comme des opérateurs chinois et indiens, alors que la population locale vit sous le seuil de la pauvreté.

Le film a tendance à montrer du doigt des Chinois qui, selon M. Michel, "se comportent en prédateurs absolus". "Ils achètent les minerais volés par les creuseurs sur les concessions des multinationales ou de la Gécamines (Générale des carrières et des minerais, société congolaise des mines) et les font sortir en fraude vers Kasambulesa", déclare le réalisateur belge.

Mais les mauvais rôles qu'il attribue aux opérateurs chinois ont été démentis par des Congolais, l'ambassadeur chinois à Kinshasa, et dans une moindre mesure par Thierry Michel lui-même.

"Les mauvais rôles attribués aux opérateurs chinois dans ce documentaire n'est qu'une manière subtile de son réalisateur de faire croire aux Congolais que les Chinois sont aussi prédateurs au même titre que les Occidentaux, alors que les Congolais, comme les Africains en général, apprécient la politique chinoise de 'gagnant-gagnant' qui crée de la jalousie chez les habitués de l'exploitation éhontée des richesses africaines et congolaises sans contre-partie substantielle, à l'inverse de la Chine", commente le magistrat Albert Kalemba.

Echo aux tentatives du FMI contre les contrats sino-congolais

Selon M. Kalemba, il s'agit du prolongement de la lutte que des institutions financières sous contrôle de l'Occident mènent contre les contrats miniers signés entre la Chine et la RDC et qu'ils veulent tout simplement voir sauter, puisqu'ils ne s'inscrivent pas dans leur politique. "Or, nous savons que ces institutions financières occidentales n'oeuvreront jamais pour le développement de notre pays comme la Chine s'y est engagée", ajoute M. Kalemba.

Pour Pierre Biyoya, expert et professeur des relations internationales à l'Université de Kinshasa, les contrats chinois étant basés sur le système de troc et donc sans incidence aucune sur la dette extérieure de la RDC comme le prétend le Fonds monétaire international (FMI), il serait "malheureux" de se laisser influencer par des documentaires à caractère impartial, "puisque le film ne montre pas comment les multinationales qui exploitent les minerais au même titre que les Chinois entendent participer au développement du pays".

De son côté, Wu Zexian, ambassadeur chinois à Kinshasa, qui apparaît dans ce film prononçant un discours lors de la signature des accords sino-congolais, a soulginé qu'il ne faut pas confondre les opérateurs chinois reconnus par Beijing et les entreprises privées, du reste minoritaires.

Le diplomate chinois a réaffirmé que les opérateurs chinois en contrat avec la RDC respecteront non seulement les clauses des accords signés, mais aussi les lois du pays hôte.

Exploitation des ressources naturelles et développement local

Le réalisateur lui-même reconnaît qu'il y a des Chinois qui, avec des contracts signés entre la RDC et la Chine, viennent "construire des routes et des hôpitaux" au Katanga.

En avril 2008, un consortium regroupant China Railway Engineering Corp, Sinohydro et la Banque Exim a signé des accords avec la Gécamines.

Ces accords prévoient la construction par la partie chinoise d'une route nationale, d'universités, de centres de santé dans le cadre d'une exploitation en commun des ressources naturelles.

Face à la crise financière mondiale, les entreprises chinoises n'ont pas ralenti le rythme des travaux dans leurs chantiers, en contraste avec les vrais prédateurs qui n'ont pas hésité à plier bagages, a observé Martin Enimo, journaliste au Groupe de presse Le Potentiel.

Kinshasa, 27/07/2009 (Xinhua/MCN, via mediacongo.net)

Écrit par : mediacongo | 28/07/2009

Les commentaires sont fermés.