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15/02/2010

Albert II à Kinshasa le 30 juin 2010 ?

Le texte qui suit est intéressant mais dois-je être flamand si je ne suis pas pour la visite d'Albert II à Kinshasa ?

Louis Michel et Onkelinx transfèrent le conflit francophones-Flamands au Congo
Écrit par Ntumba Mua Ilunga (CongoOne)
Samedi, 06 Février 2010 18:59

C'est bien une curieuse lecture que la presse kinoise pré-payée(entendez kabiliste) a faite au sujet du récent séjour au Congo à démocratiser de la socialiste Laurette Onkelinx, vice-première ministre et ministre belge de la Santé, qui avait dans son sac un certain Louis Michel, député européen, ancien commissaire européen et ancien ministre belge des Affaires étrangères.


Officiellement, le séjour congolais de l'inamovible ministre socialiste (depuis plus d'une décennie au gouvernement sans interruption, n'est-ce pas la gauche caviar?) était annoncé comme pivotant essentiellement autour du développement des mutuelles au Congo des Kabila. Elle était accompagnée à cet effet des responsables de 3 mutualités belges, socialiste, chrétienne et libérale.


La surprise de l'opinion au Congo comme en Belgique était d'apprendre que Louis Michel faisait partie de la délégation officielle belge conduite par Laurette la socialiste. Une bien curieuse proximité entre deux Wallons quand on sait que leurs partis, le MR et le PS, se détestent cordialement. Tout aussi étonnant est le fait que Louis Michel avait choisi d'aller en villégiature au Congo au lieu de prendre part au congrès du MR qui se tenait à Liège. Etait-ce parce que le coup de force mené par le courant renaissance dont il est le leader non déclaré a été proprement étouffé par la majorité des membres restés fidèles à Didier Reynders? Il ne saurait en être autrement.


Si Laurette Onkelinx semble avoir évolué à Kinshasa, comme dans le Kivu, en rapport avec l'objectif avoué de sa mission, c'est tout le contraire de Louis Michel dont une source digne de foi a confié à Congoone que son arrivée à Kinshasa a été une surprise pour les autorités congolaises.


Parce que plus zélé comme Louis Michel on meurt, l'ex-commissaire européen n'a pas tari d'éloges pour le système politique congolais. Après s'être fait inviter par le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, et celui de l'Assemblée nationale, Evariste Boshab, Louis Michel s'est répandu dans des déclarations aussi farfelues qu'idiotes:" j'apprécie la manière dont l'Assemblée nationale et le Sénat congolais qui fonctionnent vraiment sur les modèles internationaux et sur les standards démocratiques internationaux puisqu'il y a un vrai travail entre majorité et opposition".


Comme ivre du lait, Louis Michel ne pouvait s'arrêter en si bon chemin. C'est ainsi qu'au sortir d'une audience lui accordée par Joseph Kabila, son espoir pour le Congo, Louis Michel se lâche sans une nuance et contre le simple bon sens: «Le Congo reprend les couleurs et va bientôt arriver à une vitesse de croisière qui va le faire monter en puissance »
Comme si cela ne suffisait, l'ancien ministre belge des Affaires étrangères s'est dit persuadé qu'au regard des ressources humaines et surtout naturelles incommensurables dont dispose la RDC, ça va fonctionner". C'est à croire que lesdites ressources viennent d'être découvertes aujourd'hui! Or, ce sont les mêmes ressources naturelles qui sont une malédiction pour le Congo qui renvoie l'image d'un riche mendiant.


Le plat consistant, Louis Michel l'avait gardé pour la fin de ses déclarations qui ne peuvent faire rire même les vaches. Aussi, a-t-il affirmé avoir évoqué avec Kabila les problèmes liés aux élections. Vous avez bien entendu? Les élections!


A une année des prochaines élections générales, Louis Michel commence à battre campagne pour son espoir du Congo quand bien même ce dernier est dans sa dernière année de la législature sans bilan. Il est évident qu'un autre hold-up électoral est en vue.


Seulement voilà! Si Louis Michel s'est rendu de manière précipitée à Kinshasa c'est en rapport avec la grève de la faim observée par un membre du bureau de la Commission électorale indépendante et les accusations de détournement des fonds formulées à l'encontre de l'abbé Malu-Malu par 3 autres membres de la CEI. Une source autorisée souligne à Kinshasa que les accusations portées contre Malu-Malu touchent directement Louis Michel car c'est en bonne intelligence avec l'ancien commissaire européen belge que Malu-Malu avait octroyé des marchés à des firmes occidentales dont des belges impliquées dans l'organisation du hold-up électoral en 2006. L'objectif premier du récent voyage de Michel à Kinshasa, signale-t-on, a été de demander à Malu-Malu de trouver un arrangement à l'amiable avec ses anciens amis de la CEI restés impayés depuis de longs mois alors que lui Malu-Malu a déjà trouvé un autre emploi en rapport avec les divers plans de pacification verbale du Kivu notamment celui dit Amani.

Revenons à Laurette Onkelinx pour noter que partie au Congo où elle a signé, avec son homologue congolais, un accord de coopération en matière de santé publique et des sciences médicales, elle n'a pas résisté à la tentation de flatter le kabilisme dans le sens du poil en saluant l'année du social décrétée par Kabila. Voilà une belle manière choisie par les francophones belges pour accompagner la nouvelle dictature au Congo, là où deux semaines avant, même le très modéré Steven Vanackere, ministre belge des Affaires étrangères, ne s'était pas montré aussi impressionné par la manière de gérer du régime kabiliste, même si le ton a radicalement changé par rapport à son prédécesseur Karel De Gucht qui n'a que faire de l'élégance diplomatique face à des dirigeants voyous.


Les faits et gestes de Laurette Onkelinx et de son compagnon de circonstance Louis Michel à Kinshasa a fait écrire avec une belle unanimité à la presse pré-payée de Kinshasa que leur visite se révèle un sursaut du front diplomatique de Bruxelles pour contrer les opérations de sape menées par Karel De Gucht.


A propos de Louis Michel particulièrement, la presse kinoise note que là où Karel De Gucht avait rangé les autorités congolaises dans le panier à crabes, son prédécesseur aux Affaires étrangères et à la Commission européenne vient exactement confirmer le contraire.
Il ne faut aucun dessin pour réaliser qu'à cause des intérêts partisans, Michel et Onkelinx se sont rendus à Kinshasa pour apporter la caution de la Wallonie, mieux de la Belgique francophone à Kabila. De là à considérer que les Francophones de Belgique veulent communautariser la question congolaise, il n'y a qu'un pas à franchir même s'il serait naïf de croire qu'ils auraient été mandatés par le gouvernement fédéral. Nul doute que les francophones voteront à l'unisson au gouvernement pour que Albert II se rende à Kinshasa le 30 juin à l'occasion du 50e anniversaire de l'indépendance politique du Congo à démocratiser. Onkelinx a déjà donné le ton à Kinshasa en affirmant qu'elle souhaitait que le roi des Belges se rende au Congo le 30 juin en signe de respect ( à Kabila?) alors que le chef de la diplomatie belge temporise en soulignant que le gouvernement a le temps pour se prononcer, surtout que jusque là l'invitation de Kabila à Albert II ne serait encore que verbale.


Si les Belges pouvaient prendre le temps de résoudre leur BHV et laisser les Congolais s'occuper de leur Kabila, ils rendraient un service immense à leur ancienne colonie d'autant plus chaque Congolais a le devoir de s'opposer par tous les moyens à tout pouvoir illégitime comme celui issu du hold-up électoral de 2006.

Mise à jour le Samedi, 06 Février 2010 19:08

Commentaires

Je me demande ce qui vous pousse à affirmer que les élections de 2006 furent un hold up ?
Pour votre gouverne je vais allumer ma petite lampe bleue pour vous signaler que j'y ai joué un rôle qu'on peut qualifier de significatif, si ce n'est même: crucial.

Écrit par : Jacques | 13/03/2010

Personnellement je n'ai pas écrit "chaque Congolais a le devoir de s'opposer par tous les moyens à tout pouvoir illégitime comme celui issu du hold-up électoral de 2006" mais elle est du journaliste congolais "Ntumba Mua Ilunga (CongoOne) 06 Février 2010". Ayant trouvé cet article intéressant puisqu'il voit dans l'acceptation du voyage d'Albert à Kinshasa principalement le fait des francophones. Néanmoins cette opinion d'un hold-up électoral au profit de Kabila par Louis Michel et consorts est tenace parmi les congolais mais je ne la partage pas du tout. Le seul point qui m'unit à cette opposition est qu'il ne fallait pas d'élections avant une éducation civique indispensable, pour mémoire u Kabila ne volait pas des élections mais des comités de pouvoir populaire. Par ailleurs dois-je rappeler qu'il y a 50 ans le Congo acquit son indépendance non par des élus mais par des délégués.

Écrit par : anneet | 13/03/2010

La paternité de la phrase revient peut-être à ce journaliste mais c'est dans votre note que je la lis.
Hold up et/ou fraude sont en effet bétonnés dans le conscient des Congolais...avant même que le processus n'ait commencé.
Comment pourrait-il en être autrement dans un pays où tout est biaisé et où la quasi totalité des gens n'a jamais rien connu d'autre que magouille conjuguée à tous les temps ?

Education civique ? il n'est pas interdit de rêver...

Écrit par : Jacques | 26/03/2010

En lisant Aneet entre les ligne je comprends que les congolais sont encore un peuple d'arriéré culturellement et incapable de maîtriser la démocratie.
Anneet est comme l'ensemble des occidentaux qui ne voit en l'africain qu'un grand enfant dont seule la dictature gouvernerait la vie.
Le terme comités populaires fait partie du vocabulaire communiste des années soixante. Dieu sait combien l'idéologie communiste nous a été fatale. L'est du Congo s'est embrasé sous cette idéologie dont 1989 nous a montré qu'elle ne reposait que sur des bases d'argile.
Le Congo que l'indépendance nous avait des leaders élus à la table ronde. Kasa-Vubu était homme politique chevronné,bourgmestre de la commune de Dendale et président de l'Abako.
La démocratie de 2006 est une bonne chose. La démocratie en Inde, un pays féodal,participe à sa modernité et je crois qu'il en est de même du Congo. Dire le contraire dans des termes qui offrent peu d'égard au peuple congolais c'est verser dans l'erreur.
Si Aneet pense encore que les africains ne sont mûrs pour rien du tout c'est parce qu'il reste ancré dans des schémas plus anciens et stéréotypés du genres les congolais doivent rester dans la tradition. La tradition il y en a 650 au Congo même si on la simplifiait en 250 langues cela fait tout de même beaucoup.
Aneet veut que nous restions dans la tradition comme ils le répète si souvent dans ses discours ici et dans son blog.
Congolais restez primitifs,la modernité ce n'est pas pour vous.
Discours à éviter ostensiblement. Et vive la jeune démocratie congolaise.

Écrit par : bony | 03/04/2010

@ bony
Merci d’avoir lu mon site. Quand je défends les langues maternelles c’est dans un souci culturel et cela n’a rien à voir avec les us et coutumes archaïques. Contrairement à ce que vous pensez les élections ne sont pas nécessairement un mode d’accès à la démocratie. Je vous rappelle qu l’indépendance du Congo a été acquise à la table ronde de Bruxelles en janvier-février 1960 par des délégués congolais de partis politiques et non par des élus. En organisant de élections en 1960 le pays a perdu la sagesse et l’expérience des nombreux congolais membres des conseils de gouvernement, de province, de district et de territoire au profit des radicaux. Je ne nie pas lle bien fondé de ces nationalistes radicaux, j’étais moi-même dès mars 1959 membre du MNC car partisan de l’indépendance.

Écrit par : anneet | 03/04/2010

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