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01/01/2011

Un programme de développement pour le Congo basé sur la décolonisation mentale et l'authenticité

En exergue il me plaît d'indiquer ces paroles d'Ernest Mandel toujours très actuelles et qui me guident généralement dans la recherche du bien commun: "Ne succombez pas à la résignation, au cynisme, face aux terribles épreuves qui nous attendent tous. Ne vous repliez pas sur les "solutions individuelles" (les avantages de la société de consommation sont toujours ouverts à certains, fût-ce sur une base beaucoup plus restreinte qu'avant). N'oubliez jamais l'engagement moral de tous ceux qui se réclament du marxisme: la défense intransigeante des intérêts des exploités et des opprimés à l'échelle mondiale, tout le temps. Ne vous contentez jamais d'activités de pure propagande. N'oubliez jamais l'engagement initial et final de Karl Marx: essayer de commencer à changer le monde" (New-York, 11 novembre 1994).

Un programme de développement pour le Congo ne peut se concevoir que s'il répond à une "remise en question de certains principes issus de la colonisation" (Mabika Kalanda, La remise en question. Base de la décolonisation mentale, Coll. Etudes congolaises, n° 14, Ed. Remarques Africaines, Bruxelles, 1965). Mabika Kalanda est le père du concept  de l'authenticité. Concept repris et érigé en modèle politique par le Président Mobutu (27 octobre 1971).

L'authenticité congolaise n'est pas un alibi folklorique à la conception congolaise de la vie mais la réalité même de la culture, de la cosmogonie, du droit des us et coutumes des peuples du Congo.

Langue maternelle

La  langue étant la base de la culture, il y a lieu d'alphabétiser les enfants dans leur langue maternelle, dans toutes les langues maternelles encore  vivantes et non dans une des 4 langues  véhiculaires imposées par le colonisateur au mépris des autres langues pour faciliter l'administration du pays tout en limitant l'instruction des colonisés; quant à enseigner directement dans la langue nationale étrangère c'est nier la culture congolaise.

Bible et cosmogonie négro-africaine

La Bible a-t-elle sa place dans la culture négro-africaine? "Lorsque les missionnaires sont venus, nous possédions la terre et eux possédaient la bible. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés. Lorsque nous les avons rouverts, nous possédions la bible et eux possédaient la terre." Jomo Kenyatta. Ces paroles du leader historique du Kenya résument à elles seules le bien-fondé de la question. L'utilisateur du bâton d'Ishango n'a pu connaître la Bible. Mais d'une façon plu générale j'ajouterai que parler du christianisme c'est lui faire beaucoup trop d'honneur quand on sait qu'il est apparu sur terre il y a seulement 2000 ans, qu'il s'est imposé d'abord à l'empire romain par la conversion de Constantin puis au monde par la conquête, l'inquisition, la négation des peuples autochtones, la traite des noirs et la colonisation. Et que dire alors des hommes ayant précédé le christianisme il y a au moins 3 millions d'années avec Lucy et probablement 7 millions d'années avec Toumaï.

De plus je ne suis aucunement persuadé sur le postulat d'un Dieu créateur et tout puissant (3 pouvoirs: esprit, science, politique) dans la cosmogonie kongo et/ou négro-africaine. Que Ekumani Wetschi, Simon Kimbangu, le belge Placide Tempels, le rwandais Alexis Kagame, le malien Doumbi Fakoly..... en soient persuadés tiennent peut-être à leur formation. Ce Dieu premier ne vient-il pas d'un syncrétisme religieux inspiré par la Bible et les textes pharaoniques égyptiens (base de notre civilisation gréco-romaine). Je suis seulement convaincu de la valeur très universelle du souvenir des ancêtres.

 

Constitution

Un régime présidentiel est certainement plus conforme à l'authenticité.

La loi de la démocratie parlementaire est celle de la majorité ce qui n'est pas nécessairement la véritable démocratie.

La palabre africaine véritable aboutissant à l'unanimité consensuelle est plus démocratique que les élections à l'occidentale.

L'étranger qui ne connait que le processus électoral pour aboutir à la démocratie l'a imposé au Congo mais ce processus électoral est inconnu du Congo traditionnel, véritable et profond et ne peut se concevoir que dans les villes ou centres extra-coutumiers et encore à condition de commencer au niveau des quartiers et des communes. En milieu coutumier il faut simplement s'appuyer sur les structures traditionnelles c'est-à-dire les chefferies, chefs de secteurs, de groupements et de villages qui généralement ont la confiance de la population.

Les élections ne sont pas le passage obligé pour atteindre la démocratie. Il faut d'abord une campagne d'éducation civique comme voulait le faire Mzee Kabila avec les comités de pouvoir populaire. De plus je rappelle qu'il y a 50 ans les congolais à la Table ronde n'étaient pas des élus mais des délégués des différents partis politiques. La première erreur a été d' y prévoir des élections parlementaires alors qu'existaient de nombreux interlocuteurs congolais au niveau des divers conseils consultatifs (gouvernement général, provinces, districts, territoires). Les élections ont donné la victoire aux radicaux et le Congo a perdu la sagesse de délégués expérimentés. Mais le modèle était l'occident au lieu de prévoir quelque chose de plus authentique; bien évidemment en 1960 le Congo n'était pas indépendant mais maintenant il l'est depuis 50 ans

Les élections ne sont pas nécessairement la démocratie. Un moyen seulement mais il y en a d'autres comme les comités du pouvoir populaire qu'avait voulu instaurer Laurent-Désiré Kabila.

De plus les hommes (et femmes) issu(e)s des élections, les élu(e)s, sont tous des hommes et femmes modernes qui bien souvent ignorent les réalités du terrain, ce sont des citadins, des extra-coutumiers, même plus des incirconcis culturels.

Aujourd'hui comme demain l'opposition manifeste et puis se plaint de la réaction policière fidèle à l'autorité. Elle ne doit s'en prendre qu'à elle même. Ces manifestations démontrent l'inanité des élections donnant naissance à des antinomies regrettables dans la population.

Il faut réhabiliter le pouvoir des chefs coutumiers pour que ces derniers deveiennent des agents de dévelopement du milieu rural.


Droit coutumier

L'authenticité exige également de  se référer au droit coutumier pour tout ce qui concerne au moins le monde rural. Il est évident par exemple que la terre appartient aux collectivités villageoises, groupements et chefferies qui y vivent et ne peut être aliénée; son usage seul peut être attribué à des familles ou à des individus qui l'exploitent sans toutefois que cet usage puisse être transmissible.

Il y a donc lieu d'encourager les entreprises désireuses de produire des denrées agricoles pour leurs industries de passer des accords avec les collectivités villageoises au lieu de les voir acquérir des terres et de réduire les paysans à devenir ouvriers agricoles.

Il en est de même du droit familial traditionnel totalement étranger au droit romain repris par la religion chrétienne qui fait de l'épouse la gérante de la famille avec le père, ce qui est le plus généralement ignoré en droit coutumier.Dans les villes on peut admettre l'individualité transmissible en droit foncier et l'égalité pour l'épouse mais il est inadmissible de parler de droit coutumier évolué comme si le droit coutumier premier et authentique était moins valable et devrait évoluer vers le droit étranger individuel; ceux qui parlent de droit coutumier évolué nient l'authenticité congolaise car diplômés des écoles étrangères ils ignorent souvent la culture congolaise. "Le fait d'être noir ou africain ne suffit pas pour connaître son peuple. Cela ne se fait pas spontanément de retrouver le chemin de la pensée africaine. Ceux qui sont dans les grands séminaires sont comme des incirconcis culturels par rapport à ce qui se passe dans les bosquets et les savanes africains" (Paroles de Mgr Kileshye, secrétaire  de la Commission épiscopale pour le développement lors du 3ème Séminaire national "Eglise et développement", Kinshasa 15/22 novembre 1981). Il en est de même de la nouvelle bourgeoisie nationale individualiste ne souhaitant plus se soumettre aux contraintes de la vie collective et des activités communautaires.

Développement économique

Le développement économique ne doit pas être axé sur l'exportation des matières premières minières ou agricoles non transformées. L'accord passé avec les Chinois est pareil à un pacte colonial, les Chinois ont besoin de matières premières, ils viennent les chercher bien entendu avec leur main d'oeuvre à tous les niveaux pour raison d'efficacité (même les femmes nécessaires au repos du guerrier travailleur sont de la partie). Cet accord peut seulement être défendable dans un premier temps nécessaire à la reconstruction des infrastructures (= les 5 chantiers présidentiels).Le seul avenir économique pour le Congo est le développement auto-centré basé sur l'agriculture et le développement rural au niveau des collectivités villageoises et non par l'intermédiaire de colons (= planteurs) fussent-ils nationaux.

Forces armées

Compte tenu de l'étendue du pays et de l'héritage de l'armée coloniale les FARDC sont généralement perçues comme des étrangers et agissent de même comme des étrangers, il faut seulement des forces locales de protection de la population et bien entendu une garde présidentielle nationale et des bataillons d'intervention rapide au niveau de chaque gouverneur provincial.

Elles doivent rester sous l'autorité de l'administration territoriale mais en activité elles doivent demeurer dans leur sous-région d'origine car le pays est trop vaste et pour qu'elles puissent être en bonne relation avec les populations concernées par leur présence. Des Bulgares pourraient-ils agir avec efficacité à Paris?

Nationalité

L'article 10 de la Constitution concernant l'unicité de la nationalité pourrait être revu afin de favoriser le retour au pays des Congolais ayant acquis une nationalité étrangère  alimentaire et des facilités d'acquisition de la nationalité congolaise devraient être accordées aux étrangers investisseurs ou nés au Congo.

Santé

Certains préconisent d' instaurer au Congo un service médical plus ou moins privé par le biais de mutuelles alors que le pays possède un service officiel couvrant tout le pays. Bien sûr je suis réaliste et sais très bien la misère des réalités congolaises. Il faut donc dénoncer ces réalités et oeuvrer au rétablissement de ce qui existait à la fin des années cinquante et sans aide extérieure sur le budget de la Colonie (le budget de la Colonie était distinct de celui de la Belgique). Je comprends très bien le désir de certains de vouloir sauver l'esprit mutuelle alors qu'il est en danger en Belgique si on arrivait à pouvoir unifier sur le plan européen le service de l'assurance maladie dans le sens d'un service de santé officiel accessible à tous et rémunéré sur l'impôt. Ce service public de santé pourrait être organisé par le biais d'assurances privées comme aux Etats-Unis, les primes d'assurance des plus faibles étant prises en charge par l'Etat, celles des autres déduites de l'impôt, soit à titre personnel, soit par l'employeur. Je ne vois aucunement l'intérêt d'étendre un service mutuelliste hybride au Congo où il ne rencontrera un certain succès qu'auprès de gens plus ou moins aisés (commerçants) ou d'employeurs pour de décharger de leurs obligations vis-a-vis de leurs salariés.

Tourisme

Présenter le tourisme comme une voie de développement des pays qui l'accueillent est certainement faux car certains pays perdent avec le tourisme plus d'argent qu'ils n'en gagnent. Comme chacun sait l'avion et l'hôtel appartiennent généralement à des compagnies étrangères et/ou des nationaux plus enclins à réexpédier le gros de leurs bénéfices en Europe et dans les paradis fiscaux internationaux. De plus une partie des matériaux et équipements des hôtels viennent de l'étranger et il n'est pas rare que les installations hôtelières bénéficient d'une aide de l'Etat hôte en exonération fiscale. Et quand les revenus de l'Etat proviennent des produits du travail des paysans agriculteurs producteurs pour financer les infrastructures touristiques on peut considérer que ce sont les populations les plus pauvres des pays africains qui subventionnent les vacances des habitants privilégiés des pays riches. Mais sur le plan social l'impact négatif du tourisme est bien plus grand. On peut parler d'une véritable agression socioculturelle et à ce titre parler d'un nouveau colonialisme. Les inconvénients les plus criants sont: la déstructuration  des sociétés africaines  et de leurs coutumes ancestrales, le développement de la prostitution masculine et féminine surtout quand ces pratiques sexuelles existent déjà à l'état latent dans le milieu traditionnel, l'imitation servile du comportement occidental, l'émergence d'une mentalité de "béni-oui-oui" car on ne contredit jamais le patron touriste, le développement de la filouterie, de la tromperie et du vol... Faut-il rappeler que Batista avait fait de Cuba le bordel des Etats-Unis et Frantz Fanon n'avait-il pas prévu que l'Afrique s'achemine vers le bordel des pays industrialisés. Le seul tourisme acceptable serait un tourisme villageois d'échange, de dialogue et de connaissance et non un tourisme de consommation de soleil, de pseudo folklore, de production artistique de pacotille et de produits importés. Personnellement je conçois ce tourisme respectueux de la personnalité socioculturelle africaine qu'au départ des collectivités villageoises et non d'individus même bien intentionnés. Le tourisme villageois est fragile mais  pourrait s'adresser non seulement aux européens nostalgiques du passé colonial, aux afro-américains soucieux de leurs origines, aux nordiques blonds désireux de brunir en quelques jours, mais également aux jeunes nouveaux européens, canadiens et américains d'origine africaine dont certains appartiennent déjà à la deuxième génération et ne connaissent pas les réalités africaines car ne les ayant jamais connues. Il est évident que ce tourisme villageois demande une éducation tant du touriste étranger que du paysan hôte mais au plan socioculturel les risques attachés à ce tourisme villageois sont certainement plus importants que dans le tourisme classique. Les promoteurs de ces expériences doivent être averties et ne peuvent être que des institutions ne poursuivant aucun but lucratif mais le développement des communautés villageoises. Ces promoteurs pourraient être des établissements scolaires restés en contact avec le milieu rural.

Commentaires

Un peu succint et peu détaillé cet agenda volontaire au bon développement du Congo. Les choses à notre sens sont plus complexes que cela. On a plutôt ici l´impression de lire un bréviaire simplifié à l´intention de petites quantités intellectuelles ? Ou alors il fallait juste atteindre le simple d´esprit...Or les temps ont changé; que les congolais le veulent ou pas, ils sont bien confrontés à tous les défis contemporains présents et avenirs. Il ne s´agit donc de ne rien simplifier du tout !

Mais puisque vous êtes belges, monsieur Anneet; je me permets de vous dire que le développement du Congo sera bien utile à la Belgique, il ne s´agit plus de jouer au paternalisme ou de vouloir recoloniser le Congo mais bien de voir dans quelle mesure l´avenir est donnant-donnant en respectant les droits et les libertés d´un chacun ! La Belgique doit dépasser ses préjugés d´hier, les congolais aussi.

Musengeshi Katata
Forum Réalisance

Écrit par : Musengeshi Katata | 08/02/2011

J'ai lu avec un intérêt particulier votre analyse sur l'avenir de la RDC.
Vous avez des solutions qui sont acceptables mais il faudra
reflechir et construire le pays.
Visitez le blog : totime totime

Je suis à votre disposition pour la suite
Mon téléphone : 06 12 24 23 82

Écrit par : TOTIME MIKEMI | 16/02/2011

Mon idée principale est la décolonisation mentale.

Écrit par : anneet | 16/02/2011

Le problème c'est quoi au Congo?
C'est vrai qu'il y a des gens capables de mener ce pays en développement,mais que ce sont les mêmes Congolais qui malmenent leur propre pays en cherchant des intérêts égoïrtes.
Il serait plus mieux de parler et/ou d'éduquer tous les les les Congolais sur la manière de participer directement ou indirectement à la gestion de la chose publique aulieu de se pencher à des questions culturelles et à tout ce dont vous veniez de parler et dont je ne recuse pas qu'ils constituent des défis pour un développement efficace,mais qu'il faut d'abord faire une conscientisation politique de tous les Congolais et quand ils seront conscients,ils meneront ensemble avec les gouvernants tne lutte pour le développement de leurs pays que les étrangers ont toujours voulu faire semblant de développer et cela pour leurs propres intévêts dont souffre les nationaux.
Il nous appartient nous Congolais vivants sur le territoire national que de ceux-vivants dans la diaspora de se tenir main dans la main pour reconstruire notre pays et de ne pas encourager ces dirigeants qui volent,pillent,violent les droits de l'homme et luttant pour la non-liberté de la presse en tuant tout celui qui s'investit dans la presse pour dénoncer ler défis d'une mauvaise gestion de la chose publique.Ce que,pour les dénoncer,il faut être sur le sol étranger pourtant ce sont ceux qui se trouvent sur le sol étranger qui en souffre et qui peuvent mieux connaîtrent les maux de leurs sociétês.
Levons tous,chers Congolais pour développer notre pays.

Écrit par : ISHEGA DARSIN | 21/02/2011

@ Ishega Darsin
Vous avez effectivement raison le bien commun se limite très souvent au clan familial ce qui est tout au plus un égoïsme élargi.

Écrit par : anneet | 21/02/2011

UN PROJET DE PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO !
J’ai lu attentivement votre article que j’ai trouvé très intéressant et enrichissant. Je vous remercie sincèrement pour votre souci de voir le Congo RD accéder à un développement harmonieux ; aussi, je salue votre sens de recherche et j’apprécie les quelques pistes de solution que vous proposez pour résorber la misère sans nom du peuple congolais, qui n’a que trop duré !
Avant de commenter votre article, je ne peux m’empêcher d’inviter humblement d’autres penseurs et intellectuels, aussi bien belges que congolais, d’œuvrer plus que jamais, ensemble sans complaisance en vue de trouver des remèdes appropriés pour guérir le mal chronique dont souffre la RDC, dans le respect mutuel et la dignité humaine car longtemps nous avons laissé libre champ aux politiques de tout bord qui ont posé les germes et fait croître cette crise historique dans l’unique but d’assouvir leurs convoitises et leurs intérêts mesquins.
Cela est tout autant valable à ce jour concernant « la crise institutionnelle belge ». Je ne le dirai jamais assez, le peuple belge et congolais sont liés par une histoire commune de plus d’un siècle et demi ! Nos deux sociétés ont tout à gagner en demeurant unies et en bannissant de nos relations, les querelles inutiles de type néocolonial, impérialiste, voire même raciste ou revanchard ! Nous y reviendrons à d’autres occasions, si l’opportunité nous est donnée.
DE LA LANGUE :
A propos de votre article, Je suis d’emblée d’accord avec Mabika quand il affirme que : « Un programme de développement pour le Congo ne peut se concevoir que s'il répond à une remise en question de certains principes issus de la colonisation.
(Mabika Kalanda, La remise en question. Base de la décolonisation mentale, Coll. Etudes congolaises, n° 14, Ed. Remarques Africaines, Bruxelles, 1965).
A propos du concept de l’authenticité qu’il a prôné , je crains que certains énoncés ne soient tombés caduques et soient même inutiles car la société congolaise a considérablement changé depuis. Certaines réalités culturelles, sociologiques, voire même mentales tel que observées ces années-là ont subit d’énormes mutations. D’autres ont même complètement disparu suite à des facteurs multiples et très complexes, comme on le verra plus loin.
Vous avez écrit : « L'authenticité congolaise n'est pas un alibi folklorique à la conception congolaise de la vie mais la réalité même de la culture, de la cosmogonie, du droit des us et coutumes des peuples du Congo ».
La langue étant la base de la culture, il y a lieu d'alphabétiser les enfants dans leur langue maternelle, dans toutes les langues maternelles encore vivantes et non dans une des 4 langues véhiculaires imposées par le colonisateur au mépris des autres langues pour faciliter l'administration du pays tout en limitant l'instruction des colonisés.


L’on ne peut mieux appréhender la réalité congolaise qu’en considérant des faits saillants qui ont marqué significativement son histoire !
En effet, la société congolaise a été profondément influencée par le système colonial, comme par exemple, la ségrégation entre blanc et noir, entre évolués et indigènes… avec les différences de pouvoirs, de richesses, de droits et des avantages sociaux… une classe régnant et/ou dominant sur une autre…
Voila pourquoi, malgré le semblant d’indépendance, le système a subi simplement une mue car les évolués qui ont accédé au pouvoir se sont immédiatement mis dans le fauteuil et dans la peau du colon, imitant tout de ce dernier ! Adoptant son mode vie, ils parlaient la langue du colon, le français ; ils écrasaient du haut de leur nouveau pouvoir social le reste de la communauté, allant jusqu’à récupérer les insultes chéries du colon macaque, sale bête, sauvage…
Sous la deuxième république le phénomène a pris une autre ampleur ; l’aristocratie au pouvoir, la bourgeoise née de la zaïrianisation ainsi qu’un certain nombre de privilégiés du régime qui avaient des moyens financiers, des relations… envoyaient pour la plupart leurs enfants et autres membres de leurs familles étudier en Europe car le système éducatif était soi-disant meilleur.
Il en est né alors une génération de congolais qui n’avait de congolais que sa peau noire et qui curieusement ou malheureusement a suscité , et suscite encore à ce jour l’admiration et l’envie au pays…
Ces congolais que je dirai déracinés, peut-être éprouvent une sorte de gène de s’exprimer dans leur langue maternelle ; ou bien s’agit-il d’un complexe de supériorité car nombreux sont ceux qui ne s’identifient presque plus dans certains éléments de leurs cultures. En public, ils s’expriment très souvent dans les langues des pays où ils ont étudié, principalement le français.
Du coup, s’exprimer dans une de ces langues d’emprunt est devenu un signe extérieur de prestige, d’évolution, d’ éducation ou de réussite sociale, voire même de distinction.
Cette situation s’est aggravée avec les vagues déferlantes de migrations des jeunes vers l’extérieur ( Europe, Amérique, Asie…)
Sous le régime du parti-Etat, l’absence dune politique conséquente de gestion et d’épanouissement des milieux ruraux ont favorisé une migration à grande échelle des populations rurales vers les grandes villes. Par exemple, Kinshasa, ville construite pour 800.000 habitants comprends à ce jour près de 12.000.000 d’habitants !
Tous ces phénomènes ont occasionné un brassage culturel impressionnant!
Ajouter à cela, les différentes guerres barbares d’agressions de 1996 à 2000 qui ont dépeuplé d’avantage l’arrière pays. Avec une cruauté satanique, il est des groupes armées qui ont tout simplement choisi de raser de la carte certains villages, c à d l’âme de certaines tribus.
Nous avons encore, la révolution technologique de ces dernières années qui, elle aussi, a ajouté un élément subtile ! L’internet, les téléphones cellulaires, le foisonnement de chaînes de radio et TV, par satellite, par FM (rfi, bbc … ) avec des programmes, films et autres multiples supports de médias, suivis par les congolais et qui sont articulés en français…
En conclusion, le français, voire même l’anglais est devenu une langue incontournable rivalisant avec les langues maternelles qui ont à cet effet pris un sacré coup.
Lors des conversations, il est très difficile pour un congolais aujourd’hui de former une phrase en lingala, swahili ou toute autre langue maternelle sans faire usage des termes ou expressions françaises.
On parle de plus en plus d’un lingala facile car le lingala maternel pur est traité de difficile pour ne pas dire indigeste c à d incompréhensible.
Vous serez même étonné de constater aujourd’hui que la majorité de jeunes mamans parlent à leur bébé en français ! Même si c’est un mauvais français…
Pour dire, revenir à cette logique d’alphabétisation par les langues maternelles n’est plus d’actualité. Cela est tragique mais hélas….
Vous terminez ce chapitre sur la langue par cette phrase : « …quant à enseigner directement dans la langue nationale étrangère c'est nier la culture congolaise. »
Avant d’aller plus loin, je ne pense pas qu’on puisse parler de la culture congolaise car il existe plusieurs cultures congolaises . En effet, le pays comprend plus ou moins 400 tribus, parlant 400 langues différentes et ayant des valeurs culturelles bien distinctes ; Ce facteur fut pendant longtemps un des éléments majeurs ayant déstabilisé la colonisation, même le jeune état du Congo-belge. Le repli identitaire conduisait les tribus à se renfermer et refuser toute collaboration ou cohabitation avec les autres.
Les partis politiques se constituaient sur une base tribale et se recroquevillaient sur leurs intérêts propres bloquant tout consensus ou compromis politique au parlement, au gouvernement…. Difficile, si pas impossible dans un tel climat de bâtir un Etat, une nation, Un peuple désirant vivre ensemble.
C’est pas les belges néerlandophones et/ou francophones qui me contrediront !
A cause de ce conflit culturel interminable, on dirait génétique et voire même viscéral, ils ont des problèmes sérieux pour garder l’unité de l’Etat ; et pire, ils viennent de battre le record du monde d’un Etat sans gouvernement.
C’est hors de question de retomber dans ce piège puisqu’ il est même déjà trop tard d’envisager de manière pratique cette thèse car tous les manuels et autres documents didactiques utilisés depuis la colonisation jusqu’à ce jour dans le système éducatif national congolais, de la maternelle jusqu’à l’université sont en français. Je ne connais pas de congolais qui pense ou qui souhaiterai changer cela aujourd’hui ; une telle reforme d’ailleurs apparait très lourde, en terme de financement et du temps de traduction ; pour rappel, le Congo comprend 400 tribus, et donc, il sera question d’utiliser à peu près 400 langues maternelles dans un seul système éducatif !
A moins que l’UNESCO dans le cadre de son programme de promotion des langues maternelles finance ce type de projet dans un cadre communautaire.
C’est certes triste, mais cette réalité est irréversible ; certaines langues maternelles seront appelées à mourir un jour et croyez-moi, elles n’emporteront pas les cultures congolaises si riches et diversifiées dans ses éléments intrinsèques comme la sculpture, la peinture, la musique, la gastronomie, la philosophie, la spiritualité... qui sont, vu d’un point de vue congolais, les différentes bases de la culture du peuple congolais.
A sa mort, Le latin n’a pas emporté la culture ou mieux la civilisation romaine.
Au pire des cas, comme dans n’importe quelle communauté humaine forcée au brassage culturel, une autre langue vient toujours remplacer la langue maternelle sans tuer les autres valeurs culturelles ; cas des esclaves noirs des Amériques, des Antilles…qui développèrent des langues créoles sans toutefois oublier les mélodies, les rythmes, le vaudou et plusieurs autres éléments culturels de l’Afrique, leur origine. Ceci nous donne la preuve formelle que
la langue n’est pas la seule base de la culture d’un peuple. L’homme étant dirigé par sa conscience et la somme des valeurs intériorisées dans son âme, la religion, la spiritualité, la musique… produit la culture d’un homme ou d’un peuple.
Il y a lieu de se poser encore la question de savoir s’il existe au monde une langue qui n’a pas subit jusqu’à ce jour des influences d’un quelconque métissage ? La vitesse avec laquelle la globalisation entraine notre monde, il est plus que jamais impérieux de communiquer et surtout de bien communiquer avec les divers partenaires mondiaux usant de tout support linguistique meilleur pour protéger ses intérêts et s’assurer un avenir radieux.


Au Congo RD, il n’est plus question de la langue nationale étrangère d’enseignement, mais plutôt celle du type de programme d’enseignement.
( à suivre...)

Écrit par : Léon Georges MATOPE (Kool) | 22/02/2011

(2)
DE L’ENSEIGNEMENT :

Nous rapportant toujours à l’histoire, le colonisateur avait limité l’instruction des indigènes en instituant un programme minimal d’enseignement généraliste devant les maintenir dans un certain niveau d’instruction afin de les empêcher de développer puis de pousser leur intellect plus loin et commencer à réfléchir sur les enjeux de la colonisation, leurs droits, leur émancipation et leur affranchissement.
A l’indépendance, puis sous la deuxième république, très peu d’efforts, des moyens ou de volonté politique ont été déployés pour remédier à cette situation, peut-être pour les mêmes raisons car la nouvelle dictature qui a remplacé le dictat colonial souhaitait régner le plus longtemps possible.
Le développement du Congo requiert de manière impérative un besoin crucial et urgent d’adapter et de réorienter radicalement le programme du système éducatif vers ses besoins réels et vitaux.
La maternelle et le primaire devront couvrir le cycle de base et d’orientation où l’on consacre l’alphabétisation dans la langue la plus utilisée dans le pays ; la langue qui ouvre au monde extérieur, globalisation oblige.
les disciplines et autres matières de base sont enseignées à ce niveau comme dans le système éducatif anglo-saxons.
Une sélection minutieuse doit être opérée très tôt à ce niveau afin d’orienter les élèves suivant les aptitudes vers une formation soit spécialisée ou soit professionnelle ; le principe étant que l’homme n’est pas omniscient. Il excelle de manière particulière lorsqu’il concentre ardument tout son temps, toute son énergie et toute son attention sur un seul domaine bien précis !

Parlant de la formation professionnelle :
Dans les zones riveraines du deuxième fleuve parmi les plus poissonneux du monde, le fleuve Congo, il se pratique encore la pêche artisanale qui s’avère être incapable de couvrir la consommation nationale du poisson, importée à 90%.
Il est nécessaire d’y développer de bonnes écoles de formation professionnelle spécialisée dans la pêche et la production de ses produits dérivés. Ajouter à cela des centres de recherche piscicoles pour accroitre la productivité et assurer les exportations !
Pareils pour les zones agricoles potentielles couvrant des vastes étendus de terres naturellement très fertiles, propices pour une agriculture et élevage intense pouvant nourrir un milliard d’individus de notre planète ; c’est plus ou mois 150.000 hectares de terres cultivables, totalement abandonnées à l’état sauvage ou à une toute petite activité agricole artisanale dont la production est insignifiante.
Cependant, on n’y trouve même pas 5 écoles professionnelles agronomiques viables capables de fournir des agronomes ou éleveurs qualifiés.
Alors, un tel programme de formation, permettra de donner des multiples emplois à la jeunesse, abandonnée dans les grandes villes à l’oisiveté et exposée à la criminalité ; elle réglera la question de la famine en RDC ; elle constituera une source de devises, tirées des exportations ;c’est une solution à l’inflation constante de l’économie congolaise !
Quant aux études spécialisées, au secondaire et à l’université, le programme d’enseignement doit être axé séparément sur les options bien définies, comme l’environnement (géographie, écologie), la géologie, la biologie, la médecine générale et tropicale, l’économie, la chimie, la physique, la mécanique générale et spécialisée, l’informatique, l’électronique, l’aéronautique… les techniques appliquées…
Pour clore ce chapitre, le constat amer est que la mission civilisatrice que le colonisateur belge s’était assignée au Congo et qui consistait à remplacer la culture dite sauvage des autochtones et/ou indigènes par la culture du blanc, a imprimé profondément son emprunte sur la mentalité des congolais et ce, malgré la politique de Mobutu d’instaurer l’authenticité qui pour lui n’a pas été autre chose qu’une stratégie de prouver à ses maîtres belges qu’il était bien le maître absolu dans son pays et que ceux-ci ne pouvaient pas le déstabiliser ni se passer de lui.
Loin de toutes les apparences trompeuses, je me dois de vous révéler que dans l’âme du congolais a été gravé à jamais que la culture du blanc est bien meilleure ou supérieure à celle du noir, congolais ou africain.
Vous pouvez le constater dans le choix de mode de vie du congolais ; Envie de vivre en ville où il y a l’électricité & l’eau, les belles maisons à l’occidental, le goût des voitures de marque, l’habillement griffé, le recours systématique aux produits électro ménagers (réchauds, frigos, télévisions…) et autres produits de consommation à l’occidental !

Écrit par : Léon Georges MATOPE (Kool) | 22/02/2011

(3)
DE LA COSMOGONIE NEGRO-AFRICAINE :

Au chapitre consacré à la Bible et la cosmogonie négro-africaine, vous posez la question suivante, la Bible a-t-elle sa place dans la culture négro-africaine?
Nous sommes ici dans un domaine spirituel, totalement immatériel et invisible où des croyances, des dogmes et autres pratiques religieuses multiples tentent d’établir une connexion avec l’être suprême et l’au-delà !
Point n’est besoin d’engager un débat théologique à ce sujet sur l’existence de DIEU, ni l’origine ou encore moins la véracité de la Bible chacun étant libre de choisir sa spiritualité.
Ce qu’il importe de savoir est que quand le colonisateur a emmené la Bible au Congo, il était loin de s’imaginer qu’un jour le congolais se l’approprierai, la lirai suivant l’esprit de cette parole, s’accrocherai à son message plein d’espérance et de salut, puis développerai une croyance totale à ce DIEU, l’ ETERNEL YAHVE, créateur du ciel et de la terre, Maître de l’univers sur qui repose le règne, la puissance, la gloire et la vie éternelle, qu’il offre « gratuitement avec amour » , abandonnant ainsi ces croyances ancestrales mystérieuses avec des rites et pratiques occultes, bizarres ; parfois occasionnant des sacrifices moralement ou physiquement durs, couteux… des dieux exigeant quelque fois des sacrifices humains…
De cet ETERNEL DIEU, bon père et miséricordieux, Le peuple congolais puise avec une foi ferme, l’énergie nécessaire et la force qui lui ont permis de se défaire de la puissance coloniale belge, de tenir longtemps face aux épreuves les plus inhumaines comme, les oppressions, les exploitations, les injustices multiples aussi bien internes qu’externes ; de faire face à des graves crises économiques, sociales, politiques…
Etape par étape le congolais est en train de passer maître de ses terres, de son pays, de sa souveraineté et très bientôt de son destin, n’en déplaise à Jomo Kenyatta dont les paroles sonnent ridicules aujourd’hui !

Écrit par : Léon Georges MATOPE (Kool) | 22/02/2011

(4)
DU DROIT PRIVE CONGOLAIS :
Du Droit coutumier, vous affirmez que l'authenticité exige également de se référer au droit coutumier pour tout ce qui concerne au moins le monde rural.
Le droit positif congolais a subi nombre de reformes qui ont conduit à l’unification du droit coutumier avec le droit moderne hérité de la colonisation et mis à jour selon les réalités congolaises.
Une loi dite Bakajika stipule que le sol et le sous sol appartiennent à l’Etat congolais. Ils sont de ce fait inaliénables ! Les collectivités villageoises, groupements et chefferies qui y vivent, tout comme des familles ou des individus ont le droit d’en user moyennant un certificat d’enregistrement délivré par le conservateur des titres immobiliers ; ils l'exploitent sans toutefois que cet usage puisse être transmissible.
Les entreprises désireuses de produire des denrées agricoles pour leurs industries passent des accords avec l’Etat congolais.
Les villageoises, les paysans ont le droit soit d’acquérir des terres, soit de s’engager comme ouvriers agricoles.
Tout ce qui est du droit civil des personnes, de la famille… la commission de reforme du droit civil congolais l’a rassemblé dans le code de la famille.
Toutes les matières foncières ont été condensées dans le droit civil des biens.
Pour tout celui qui voudrait plaindre la société congolaise actuelle, je lui conseillerait de pointer son doigt plutôt vers l’administration coloniale ou leurs successeurs, les dirigeants politiques qui ont eu à gouverner le Congo sans se soucier du développement harmonieux de son peuple. Tous n’ont eu en tête qu’un seul objectif, l’exploitation des richesses naturelles du Congo pour leurs propres intérêts, pendant que le peuple était abandonné à son triste sort !

Écrit par : Léon Georges MATOPE (Kool) | 22/02/2011

(5)
DE L’ECONOMIE :
Quant au développement économique, je suis tout à fait d’accord qu’il ne doit pas être axé sur l'exportation des matières premières minières ou agricoles non transformées.
Vous dites par la suite que l'accord passé avec les Chinois est pareil à un pacte colonial, les Chinois ont besoin de matières premières, ils viennent les chercher bien entendu avec leur main d'oeuvre à tous les niveaux pour raison d'efficacité (même les femmes nécessaires au repos du guerrier travailleur sont de la partie).
Cet accord peut seulement être défendable dans un premier temps nécessaire à la reconstruction des infrastructures (= les 5 chantiers présidentiels).
Je trouve qu’il y a peut-être un peu d’exagération dans ce que vous affirmez. Toutefois, vous n’êtes pas sans savoir que cette situation est la résultante de la guerre froide que certains milieux politiques belges mènent contre le Congo.
Sinon, comment expliquer alors que dans nombre de forum politiques et diplomatiques internationaux, aux assises mondiales où se contractent des grandes transactions économiques mondiales, il y a toujours une voix, une présence belge pour contrecarrer ou parler contre les intérêts du Congo ?
Jusqu’à ce jour, ce pays souffre des embargos économiques en coulisses et des embargos militaires non justifiés …
Alors quand les chinois débarquent avec leur contrat, le gouvernement actuel n’a pas de choix que de sauter sur l’occasion, faute de mieux.
Nous savons tous que l’avenir économique pour le Congo est le développement autocentré, basé sur l'agriculture et le développement rural au niveau des collectivités villageoises et non par l'intermédiaire de colons (= planteurs) fussent-ils nationaux.
Le gros problème sera, comment réaliser tout cela pendant que le pays ne dispose pas de capitaux suffisants pour relancer ces secteurs ?
Quand bien même, ce programme pourrait être relancer, comment échanger avec l’extérieur avec tous ces embargos économiques en silences ?
A ce niveau, je pense qu’il est nécessaire que la Belgique, en tant qu’ancienne puissance coloniale se ressaisisse ; qu’elle mette de côté tous ces conflits et rancunes politiciennes infantiles, stériles ; qu’elle oublie tout rêve de recolonisation du Congo ; qu’elle cesse avec ce double jeu hypocrite consistant à bloquer toute tentative de reconstruction du Congo d’un côté et à crier à l’absence de gouvernance de l’Etat de l’autre. Cela ne profite à personne !
Que la coopération multilatérale, privilégiée d’antan mais gagnant-gagnant cette fois-ci, soit remise en place ! Que des commissions mixtes intergouvernementales se mettent en place pour harmoniser des politiques économiques communes ! Que les industries, les banques, les compagnies établissent des partenariats ! On peut même envisager une législation spéciale, des régimes fiscaux préférentiels c à d légers… Que les deux sociétés civiles travaillent main dans la main pour le bien être de nos deux sociétés…
C’est possible, si de part et d’autre on affiche une volonté politique positive ! Dans cette guerre inutile, nos deux pays ont tout à perdre..
Au Congo, nous croyons avec une ferme foi au DIEU de la Bible qui nous dit, à moi la vengeance et à moi la rétribution. Pour toutes les injustices et souffrances que nous subissons gratuitement, nous prions qu’il protège notre pays et qu’il s’occupe de nos ennemis. Et ça marche pour nous.

Écrit par : Léon Georges MATOPE (Kool) | 22/02/2011

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DE FORCES ARMEES :
Nous n’avons pas besoin de réveiller les démons de régionalisation, d’ethnicisassions, ou de tribalisassions de l’armée ! La société congolaise est bantou à 99 %, les différentes ethnies ou tribus qui la compose ne sont pas opposées ou ségrégationnistes !
La Belgique dans sa gestion de la colonie a transposé au Congo ses problèmes culturels qui opposent depuis des siècles flamands et wallons ; et apparemment, votre suggestion veut nous y reconduire encore aujourd’hui.
La société congolaise suit doucement sa multi culturalité paisible et elle a besoin d’une armée républicaine, un point c’est tout ! Les jeunes congolais des générations qui n’ont pas connu la colonisation et les rebellions post indépendances et qui constituent plus de la moitié de la population congolaise n’ont aucun problème d’identité culturelle !Qu’on leur laisse l’armée et qu’on apporte plutôt une innovation au mode d’enrôlement en sélectionnant des jeunes brillants, diplômés et de bonne éducation ou moralité car depuis la colonisation, la pratique habituelle était de forcer à l’enrôlement les jeunes qui ne réussissaient pas à l’école ou qui avaient un problème de discipline.
L’enjeu crucial ou si vous voulez, le cancer qui gangrène véritablement la question de l’armée est cet embargo injustifié imposé au Congo depuis le massacre imaginaire des étudiants du campus de Lubumbashi que tout le monde sait être un prétexte ourdi dans le but d’affaiblir Mobutu. Ce dernier est parti depuis, les forces armées congolaises ne représentent un danger pour personne, n’ont jamais attaqué ni envahi délibérément un quelconque pays, qu’est-ce qui explique le maintient mordicus de l’embargo?
N’est-ce pas pour l’empêcher de s’organiser, de s’entrainer, de se moderniser, de s’équiper ? N’est ce pas là une astuce savamment trouvée pour rendre le pays fragile aux attaques militaires extérieures chaque fois que l’on voudra le déstabiliser ? Cette mesure accrédite logiquement la thèse de l’existence des plans secrets de déstabilisation du Congo.
Donc, il suffit per favor de lever cet embargo non justifié, les forces armées vont se reconstruire et se reconstituer en garant de la sécurité du territoire, des hommes ainsi que de leurs biens. En temps de paix elles peuvent s’adonner aux tâches de développement (les génies militaires peuvent construire des ponts, des routes, des parcs naturels …)
Comme sous la deuxième république, les forces armées s’organiseront en régions militaires, détachées au près des autorités administratives.
Les provinces disposeront des forces de polices locales pour une administration de sécurité de proximité.
Les services de suretés et d’intelligence devront être recyclés, équipés et renforcés.

Écrit par : Léon Georges MATOPE (Kool) | 22/02/2011

(7)
DE LA NATIONALITE :

Vous avez écrit que L'article 10 de la Constitution concernant l'unicité de la nationalité pourrait être revu afin de favoriser le retour au pays des Congolais ayant acquis une nationalité étrangère alimentaire ;
et des facilités d'acquisition de la nationalité congolaise devraient être accordées aux étrangers investisseurs ou nés au Congo.
Vous posez là avec un humour sarcastique la question de la double nationalité. Ceci n’est pas du tout le vrai problème. Dans les deux cas d’ailleurs !
Cela ne peut être possible que si l’on établit des mécanismes légaux devant réglementer l’attitude de ces personnes vis-à-vis de la nationalité congolaise.
En Belgique tout comme dans plusieurs Etats de droit en occident, il existe des lois rigoureuses sur la naturalisation, il serait incompréhensible de refuser à la RDC le même droit qui est un des attributs de souveraineté d’un Etat.
Au moment opportun, le législateur congolais se devra de promulguer des règles et des lois contraignant les détenteurs de la double nationalité à s’engager à respecter toutes les lois de la république, à faire montre d’un patriotisme à toute épreuve, à participer activement au développement du Congo et à ne pas privilégier la nationalité étrangère afin d’empêcher à quiconque se servir de cette nationalité simplement pour jouir des avantages légaux dus à la nationalité alors que sa résidence légale, le siège de tous ses intérêts (siège social des affaires, comptes bancaires, résidence fiscale…) sont basés à l’étranger.

Écrit par : Léon Georges MATOPE (Kool) | 22/02/2011

(8)
DE LA SANTE :
L’administration de la santé en RDC est assez bien assurée autant par les services publics que par les privés. Cependant ils ne sont pas toujours accessibles des couches démunies de la population compte tenu de niveau élevé des frais !
Il est donc besoin de mettre sur pieds un système d’assurance maladie. Plusieurs thèse s’affrontent, j’aborderai dans le même sens que vous, créer service public organisé par le biais d'assurances privées comme aux Etats-Unis, les primes d'assurance des plus faibles étant prises en charge par l'Etat, celles des autres déduites de l'impôt, soit à titre personnel, soit par l'employeur.

Écrit par : Léon Georges MATOPE (Kool) | 22/02/2011

(9)
DU TOURISME :
Votre article à ce sujet regorge d’affirmations gratuites sans preuves et de clichés grotesques relevant de votre fiction que je trouve très caricaturale, et à la limite raciste.
En RDC, le tourisme peut effectivement être envisagé comme une voie de développement.
En effet, le territoire congolais est très grand (80 fois la Belgique) et comporte d’immenses forêts luxuriantes ; des savanes claires et boisées ; des cours d’eau longues, profondes, sinueuses parfois barricadées des rapides ; on y trouve des variétés magnifiques d’espèces botaniques et zoologiques uniques au monde ; d’immenses parcs naturels…
Il y a lieu d’organiser ce que moi j’appellerai judicieusement le « bio tourisme » , sans faire recours ni aux constructions hôtelières et équipements modernes, moins encore aux moyens de transports et autres technologies coûteuses de l’occident ; avec juste un peu d’innovation, créer des zones touristiques distantes de grandes villes où l’on y accède par des moyens naturelles, à cheval, sur dos d’ânes, en chariot, en pirogue, en tipoyi… (comme en Egypte, sur le dos de chameau visitant les pyramides) ; un espace sans la moindre pollution où les touristes peuvent respirer l’air pur dans un environnement paradisiaque dont l’écosystème n’a pas subi de dégradation.
Des botanistes, des zoologistes et autres chercheurs pourraient y faire des visites scientifiques.
C’est possible d’y construire des hôtels propres avec confort, design traditionnel (huttes, cabanes en terre, cases, pilotis…), en utilisant des matériaux naturelles… question de rajouter un peu de piment et d’exotisme au loisirs et à la curiosité de touristes qui pourraient jouir de la beauté de la nature et de l’environnement, du climat, du soleil (esquivant le froid de l’hiver) ; l’on peut y pratiquer les sports d’été… (la nage, la pêche, le canoë, les randonnées fluviales…) ; boire des jus naturels et manger de la nourriture fraîche, bio à 100% (poisson, viandes, légumes… sans dioxine, sans engrais et autres produits chimiques toxiques...) ; Il existe de exemples similaires avec les lodges & autres parcs naturels au Kenya ou en Afrique du sud !
Naturellement, ce projet nécessite l’organisation au préalable des mesures de sécurité et de protection de tout le monde ; le bio tourisme exige une formation appropriée aux communautés rurales, et aux chefferies afin qu’ils comprennent les enjeux et trouvent des moyens meilleurs pour valoriser et présenter leurs cultures avec des marchés et galléries traditionnelles d’œuvres d’art , des sculptures, gadgets traditionnels, des spectacles de musique, danses… ;
Je souligne avec force ici que c’est raciste et même cynique d’appeler ça de la production artistique de pacotille ou du pseudo folklore pendant que le musée royal de Tervuren est rempli de masques et autres statuettes congolaises, pillées lors de la colonisation que la Belgique refuse toujours de rendre au patrimoine culturel congolais ; DIEU sait combien de maisons en occident sont bourrées des ces objets d’art utilisés comme décoratifs ; c’est à croire que vous n’avez jamais vu des visiteurs s’extasier devant les ballets, les chants, les danses, les sons, les instruments de musique et les costumes traditionnels à l’occasion de festivals organisés dans le monde?
Je comprends que vous ne puissiez pas comprendre cela car c’est des éléments culturels inexistants dans la culture flamande qui n’a que sa langue à brandir dans le concert des nations !
Ce type de jugement représente justement une agression socioculturelle gratuite et sadique. Et il n’y a pas l’ombre d’un seul doute qu’en être l’auteur c’est faire montre d’une mentalité néocoloniale rétrograde. Dans ce chapitre, cher Jacques, je m’étonne que vous puissiez étaler si grossièrement votre ignorance de la RDC et du congolais d’aujourd’hui ! Puissiez-vous me dire pourquoi la majorité des belges ayant vécu au Congo ont gardé des clichés aussi abjectes des congolais qu’ils s’efforcent à prévaloir 51 ans après l’indépendance ? On croirait y lire un mélange de nostalgie et de rancœur d’avoir perdu un eldorado où le belge vivait en maître absolu et y faisait tout ce qu’il voulait en toute impunité?
Ce que vous refusez de comprendre est qu’à ce jour, vous belges n’avez aucune leçon à donner aux congolais en matière de prostitution, de la mentalité de béni-oui-oui, de vol… les affaires de pédophilies à répétitions comme celle de Marc Dutroux, les vitrines où l’on expose des prostituées comme des saucisses à croquer… des politiques belges béni-oui-oui devant les américains… ça vous dit quelque chose ? Dans nos mœurs, ces pratiques sexuelles perverses sont encore stigmatisées et ceux qui s’y livrent le font en cachette où dans des milieux à part.

Le « bio tourisme » que j’ai décris ci-haut n’a rien à avoir avec ce que vous appelez ironiquement le tourisme villageois ! Il se veut véritablement un tourisme d’échange, de dialogue et de connaissance comme vous le souhaitez ; il est effectivement respectueux de la personnalité socioculturelle congolaise.
N’en déplaise aux européens nostalgiques du passé colonial qui ne doivent pas en être fier car la colonisation devrait être reconnue comme « un crime grave contre l’humanité » .
Le bio tourisme s’adresse à tous le monde : vacanciers, sportifs, scientifiques de tout bord, asiatique, australien, afro-américain soucieux de ses origines, nordiques blonds désireux de brunir, aux jeunes européens, canadiens et américains...
Il ne comporte aucun risque tant que tout le monde respectera les lois et les valeurs culturelles propres de chacun !
Le « bio tourisme » est un excellent projet que les Etats pollueurs doivent saluer, encourager et même financer car ça mettrait encore plus en valeurs le 2ème poumon purificateur de la planète.
L’office de tourisme œuvrant sous tutelle du ministère du tourisme qui gère déjà les parcs nationaux, pourrait organiser, encadrer, accompagner les operateurs aussi bien privés que publics dans la réalisation du bio tourisme, question de veiller à ce que la vision et les normes du projet soient scrupuleusement respectées . Voila mon commentaire.
Merci pour votre attention !

Léon Georges MATOPE (Kool)
Opérateur culturel . RDC
matopekool@yahoo.fr
+243 9 98 53 53 02
+241 07 05 44 79

Écrit par : Léon Georges MATOPE (Kool) | 23/02/2011

Je remercie vivement Léon Georges MATOPE pour ses brillants commentaires qui enrichissent certainement le programme que j'ai voulu initier.

Écrit par : anneet | 23/02/2011

Je suis très flatté que mon pays soit encore et toujours l’objet de prise d’intérêts de diverses natures. Si ce pays a fait le bonheur de plusieurs, congolais comme étrangers, il est triste de constater que la majorité ayant droit, aspire au bien-être comme si vivre décemment était une fiction.
Vous avez brillamment étayé bien que brièvement vos idées qui ne peuvent qu’enrichir le patrimoine des possibles solutions pour améliorer le bien-être des congolais qui me touche au plus haut niveau.
Pour ma part, je pense sincèrement que les populations doivent être autrement conscientisées pour qu’elles prennent la mesure de la responsabilité qui est désormais la leur dans le développement de ce pays.
Les politiciens prennent anormalement le temps soit à la critique (opposition), soit à la vénération paternaliste (majorité présidentielle) pour des œuvres qui entrent normalement dans le cadre des attributs régaliens de l’Etat. Il n’y a donc que rarement de discours mobilisateurs d’éveil de conscience pour faire participer la population à tous les niveaux du développement, en lieu et place, que des promesses de bien être comme si cela devenait une récompense imméritée.
On devrait davantage insister sur la relance de l’agriculture, l’auto suffisance alimentaire est la clé qui permettra d’encadrer les efforts de conscientisations des populations au travail…..

En ce qui concerne les langues, je pense que les enseignements devraient être organisés dans les 4 langues nationales pour augmenter l’accès aux connaissances sur toute l’étendue de la république

Que des choses à dire ….. ;

Écrit par : mamba | 21/03/2011

Je remercie Mr Mamba mais je ne le suis pas du tout concernant l'apprentisssage des 4 langues natioales: pourquoi imposer comme les colonisateurs le tshiluba à tout le Kasaï et pire le lingala aux zande, ngbandi et ngwetu qui sont des peuples soudanais.

Écrit par : anneet | 22/03/2011

"... l'apprentisssage des 4 langues nationales: pourquoi imposer comme les colonisateurs le tshiluba à tout le Kasaï et pire le lingala aux zande, ngbandi et ngwetu qui sont des peuples soudanais" .

Je suis pour la fin de l'imposition des langues dites regionales heritees de l'epoque colonniale. Chaque communautes(Ding,Luba ,Koongo,Mongo,Chokwe,Zande,kakwa,etc...)du Kongo(rdc) pourraient avoir son propre systeme educatif-ecoles commaunautaires ou l'enseignement serait en langue locale.

L'adminstration nationale devrait avoir le Lingala comme langue administrative comme le swahili en Tanzanie. Le francais et l'anglais devront etre les langues internationales obligatoire- a chaque eleve de choisir laquelle de deux l'aidera mieux dans l'echange avec le monde exterieur.

Il est honteux que les pays africaines aient pour langues officielles des langues europeennes.

"Le lingala parlé dans la capitale Kinshasa ainsi que dans le nord et dans l'ouest du pays (y compris au Congo-Brazzaville et au Gabon), est issue d'un mélange de dialectes des peuples riverains du fleuve congo et de ses affluents. Notamment les rivières Mongala Ubangi : mbuza, libinza, ngombe, mbanza, mono, akula, kuyu, mboshi, teke,..."

"A l'origine créée pour les échanges commerciales le long de ces cours d'eaux, elle a été adoptée par les colonisateurs belges et français comme langue des armées coloniales qui recrutait leurs éléments essentiellement dans le pays bangala".

"L'armée étant (à l'époque) le corps le plus structuré de l'Etat et ses soldats étant souvent mutés dans les régions autres que les leurs, le lingala s'est propagé comme une traînée de poudre à travers tout le pays, dans l'ex-zaïre".

"A ce jour, le lingala est compris même dans les coins les plus reculés du pays. Du nord au sud, de l'est à l'ouest.Et contrairement à beaucoup de peuples en Afrique, la grande majorité des AnaKongo(congolais) communiquent entre eux en lingala, avant le français qui est la langue officielle..."

La situation de l'anglais en tanzanie est presque identique pour le francais au Kongo(rdc);


L'anglais est la langue officielle au même titre que le swahili en Tanzanie. Elle n'est une langue maternelle que pour une minorité de la population. L'anglais n'est abordé qu'en fin des études primaires et devient malheureusement «langue d'enseignement» dans les écoles secondaire, alors que ni les élèves ni les professeurs ne maîtrisent cette langue. N'oublions pas qu'environ 10 % de la population est scolarisée dans cette langue qui est très mal maîtrisée par ceux et celles qui terminent leur secondaire. La population tanzanienne est donc swahiliphone, contrairement à ce qu'écrivent la majorité des guides touristiques qui affirment, sans aucune nuance, que la Tanzanie est un«pays anglophone» ou bien que«l'anglais est parlé partout».

Écrit par : Egye Ipala | 28/03/2011

Il faut seulement aphabétiser les enfants dans leur langue maternelle c'est-à-dire leur apprendre à lire et à écrire puis on passe à la langue nationale et internationale, le français. Revenir à enseigner les langues des différentes communautés locales ne servira qu'à diviser le pays; il faut seulement que les enfants comprennent leur langue maternlle pour connaître leur oriogine et la signification de leurs noms et noms de leurs parents et grands parents.

Écrit par : anneet | 28/03/2011

Le francais est encore langue internationale par ce que plus de 30 pays africains l'utilise encore comme langue officielle;helas. Le Hindou est langue admnistartive en inde et pourtant l'inde n'a pas pour autant eclate(sorry je ne sais pas place des accents avec ces computers anglo-saxons).

Swahili baffles African leaders(BBC)

"Few African leaders could understand the Swahili
A summit of African leaders was thrown into confusion when Mozambique's president addressed the meeting in an African language - Swahili. " Voici la preuve du colonialisme mentale.

En chine on parle mandarin(et cette langue n'est pas la langue maternelle de tous les chinois).
Nyerere a fait du swahili langue officielle de la Tanzanie et son pays n'a pas disparu. Arretez de croire que l'unite des peuples africains ou des etats africains passe par l'usage officielle des langues europeennes. Le petit gd-duche de luxembourg(4 langues) a une politqiue linguistique meilleure que la plupart des nations sub-sahariennes. La suisse parle 5 langues avec des communautes culturellement differents mais la confederation est plus forte que la federation belge. Les bantous et les autres groupes du bassin du Kongo vivaient dans une sorte de commonwealth des nations avant que la colonisation puissent tracer des frontieres artificielles. Donc nous sommes capables de revivre en parfait harmonie sans avoir une langue occidentale comme ciment de la nation.

Écrit par : Egye Ipala | 28/03/2011

Les langues européennes retardent l’Education en Afrique;


L’exemple de l’Ethiopie

En ce qui concerne l’impact de la langue maternelle sur les résultats académiques, l’universitaire éthiopien, Teshome Nekatibeb, a indiqué que les apprenants ayant fait leurs études dans leur langue maternelle enregistraient de meilleurs résultats que ceux ayant fait leurs études en anglais. Selon M. Nekatibeb, il ressort d’une enquête réalisée dans 372 écoles primaires d’Ethiopie que la correspondance entre la langue maternelle et la langue d’enseignement est le facteur de réussite le plus déterminant pour les apprenants. "C’est à la suite de cette constatation qu’il avait été recommandé l’usage de la langue maternelle comme vecteur d’instruction en Ethiopie".

http://www.afrik.com/article8931.html


"Langues africaines, langues européennes
Arrêter le génocide intellectuel dans les universités africaines";

"Les universités dans les pays africains ne sont toujours pas des universités africaines, dans la
plupart des cas, mais des universités d’obédience étrangère, occidentale, européenne ou nordaméricaine.
La conception, la philosophie, l’orientation, la recherche, même les rituels des
cérémonies académiques sont souvent une mauvaise copie, parfois bien grotesque des
universités des anciennes ou des nouvelles métropoles. Il est urgent que les universités en
Afrique deviennent des universités africaines, que les universités au Cameroun deviennent des
universités camerounaises, Le génocide intellectuel a fait assez de massacre comme ça ici
chez nous, ça suffit, il faut arrêter."

"Cheikh Anta Diop avait pris la peine de traduire la « théorie de la relativité » d’Albert
Einstein en langue wolof pour démontrer que ce n’est pas seulement dans la langue de
l’ancien égyptien que les noirs pouvaient passer maître dans les sciences mathématiques,
physiques, chimiques ou médicales, mais que les langues africaines d’aujourd’hui sont elles
aussi capables d’articuler la pensée dans toutes les disciplines scientifiques. Cela ne signifie
pas que les manuels scolaires et universitaires seraient aujourd’hui prêts dans les langues
africaines. Mais cela signifie que l’escroquerie de la domination coloniale et postcoloniale à
travers l’imposition de la langue du blanc chez nous a été dévoilée et que la direction pour
sortir de cette domination et du sous-développement qu’elle engendre est claire. Cette
direction dit ceci : les Africains doivent se réapproprier leurs langues, en refaire le véhicule
fondamental de leurs pensées, de leurs créations, de leurs éducations, de leurs rêves, de leurs
visions du monde. Ce n’est pas une simple question de langue. C’est une question de survie
de la nation, de maîtrise collective du destin d’un peuple, c’est une question de
développement pensé et géré par une nation pour son propre épanouissement."

http://www.africavenir.org/uploads/media/NdumbeLangues_Yaounde2006_04.pdf

Écrit par : Egye | 28/03/2011

Je viens de lire succinctement cet article et le trouve sommairement anachronique. La question aujourd'hui en RDC n'est pas de remettre en cause nos engagements passés, nos erreurs et nos fautes, mais les assumer tout en prenant une prise de confiance collective dans la façon à nous de gérer notre avenir. Je veux dire, nous battre au quotidien, épreuve après épreuve, de sorte à relever ensemble les défis qui s'opposent à nous. Et pour atteindre un tel objectif combien louable, nous avons besoin de deux choses: un leardership digne et conséquent et bannir l'égoïsme qui caractérise la majorité des hommes qui nous dirigent. Le dévéloppement de la RDC, moi je ne la vois qu'à ces efforts là.

Écrit par : Jean-Jacques LEU | 17/05/2011

J'ai lu l'article concernant la question de la décolonisation mentale au Congo et j'ai beaucoup apprécié les idées citéées au cours du texte.
Toutefois,je crois qu'il serait important d'y rajouter certaines choses concernant le développement touristique au Congo.

La culture congolaise est fort riche.Il serait fort avantageux pour le pays de développer certains domaines qui pourraient autant enrichir intellectuellement le congolais que le tourisme,par exemple la construction de dômes de théâtres adaptées tant en zone rural qu'urbain ou encore des spectacles présentées par des écoles professionnelles de musique et de danse.
Certes,la mise en construction de compagnies aériennes et hôtelières au pays serait vraiment coûteux, mais elle serait possible si le Congo ainsi que des pays africains voisins pourraient organiser une association intercontinentale baséée sur la promotion de la culture.

Quant à la spiritualité,il est certain qu'il y ait une éducation afin que la population puisse et ce,peu importe leur confession religieuse, renouer avec leurs racines spirituelles et ainsi passer une étape importante dans la décolonisation mentale.Toutefois,il faut faire attention de ne pas retirer certains concepts religieux liés au christianisme car beaucoup étaient déjà présents dans la spiritualité congolaise bien avant que les Européens n'entrent en contact avec les royaumes composant la région,car il existe beaucoup de liens entre la spiritualité égyptienne pharaonique dont est basée le judéo-christianisme et la spiritualité noire africaine:d'ailleurs des éléments culturels propore aux égyptiens furent intégrés dans la spiritualité congolaise depuis bien des millénaires avant l'expansion coloniale et culturelle européenne.

Finalement,en ce qui concerne les langues, il est impératif que les langues maternelles soient plus favorisés que les langues internationales.Toutefois,étant donné la diversité linguistique propre à ce pays de la taille d'un sous-continent,il va certainement falloir favoriser des langues plus répandues à l'échelle plurirégionales,tels que le lingala et le tshiluba par exemple.Par contre,il serait nécessaire de faire du kiswahili une langue nationale et également le promouvoir comme langue internationale,vu ses grands avantages:étant une langue jadis utilisée par les voyageurs et les commercants,il existe encore aujourd'hui un peu partout en Afrique subsaharienne de nombreux peuples parlant encore,quoique qu'avec des modifications propore à la région,le kiswahili.Aussi,étant une langue se rapprochant beaucoup à la fois de diverses langues africaines,du latin et de l'arabe,,il serait aisé d'en faire une langue qui pourrait s'imposer comme langue authentique au buissness tant congolais que panafricain en général.

Sinon,je suis en accord avec ce qui fut mentionné plus haut et j'espère que mon commentaire sera apprécié.

Toutes mes salutations et merci pour l'invitation à ce blog.

Écrit par : Simba Olenga | 21/06/2011

Bonjour messieur anneet.
Je viens de relire votre article et vos propositions pour le developpement de Notres cher beaux pays la rdc . Mes je m'arreterais sur certaine de vos prositions le touriste et la langue maternelle. Je commencerai d'abord par le touriste
la rdc a une très mauvais image qui fait fuire les touristes.
avant tout il est nessaire de change cette mauvais l'image de la rdc pour

faire venir les touristes en rdc .

Écrit par : Gmongendjo | 04/07/2011

Je pense que les langues régionaux congolais devrez être inclu dans les manuel scolaire en rdc .

Écrit par : Gmongendjo | 04/07/2011

Le contact entre deux civilisations se fait bien souvent au détriment de la moins avancée .C'est la raison pour laquelle vous avez raison de mettre l'accent sur le tourisme sexuel et les déficits au niveau des recettes générées par les activités touristiques .Toutefois ,force m'est de constater,qu'au motif d'un environnement avantageux ,le Congo pourrait tirer d'importants bénéfices du tourisme naturel . En ce qui concerne l'agriculture ,je suis du même avis que vous dans la mesure ou le Congo, étant doté de 80 PC de surface arable durant toute l'année ,a beaucoup a gagné grâce au domaine agricole. Le développement de ce domaine va aussi concourir à la diversification au niveau des échanges commerciaux qui comptent beaucoup trop sur le secteur minier .Cette diversification permettra d'éviter le "syndrome hollandais" .S'agissant de la santé ,il faut dans un premier temps faire l'inventaire des maladies les plus fréquentes et les plus nocives ,trouver leurs foyers d'émergence et les éradiquer à la fois par des actions sanitaires et par la sensibilisation des masses .Beaucoup de maux sont à mettre à l'actif des comportements et des mentalités .Il va de soi qu'il est nécessaire de mettre sur pied des infrastructures et des mécanismes de santé adéquats notamment par la facilitation de l'accès au soin .Sur ce dernier point vous évoquez un système de cotisation intéressant qui en appelle à la redistribution des richesses .Je suis de ceux qui pense qu'une répartition plus équitable des richesses, au Congo, pourrait grandement contribuer à un rééquilibrage au niveau de la stratification sociale et à la réduction de la pauvreté .A cet effet ,Il convient de faire remarquer que des mécanismes rigoureux de contrôle et de suivi sont plus que nécessaires .En ce qui se rapporte aux considérations d'ordre culturel ,dans lesquels je rangerai la religion ,les réalités identitaires et autres domaines connexes ,je voudrais faire remarquer que les médias et les migrations ont favorisé la rencontre des peuples et des modifications culturelles qui sont à l'origine des mutations des sociétés .Eu égard à ce qui précède , j’émets quelques réserves sur le retour à une religion ancienne qui ne conviendrait plus à un peuple qui a changé .Je suis donc pour une relecture et une modernisation de la religion africaine ancienne .D'autre part ,j'estime qu'il est de bonne guerre de s'inspirer du savoir-faire et de l'expertise du monde extérieur plutôt que de s'enfermer obstinément dans le carcan du repli identitaire .Pour ce qui est de la double nationalité et de l'impacte positif qu'il peut avoir sur les investissements, nous sommes sur la même longueur d'onde .

Écrit par : Olivier Nzeza | 19/11/2011

Dans le Congo réel, profond, rural et traditionnel le multipartisme n'a aucun sens mais la démocratie est néanmoins présente dans la pratique de la palabre où chacun a droit à la parole même l'étranger de passage car le but de la palabre est d'arriver à un consensus. L'erreur a débuté à la Table ronde de 1960 en y donnant la parole aux délégués de partis politiques au lieu des d'y convoquer les membres belges et congolais des conseils (de gouvernement, provinces, districts, territoires) que l'administration coloniale souvent plus respectueuse de la tradition que les congolais modernes avait mis en place.

Écrit par : anneet | 26/01/2012

Dans le Congo réel, profond, rural et traditionnel le multipartisme n'a aucun sens mais la démocratie est néanmoins présente dans la pratique de la palabre où chacun a droit à la parole même l'étranger de passage car le but de la palabre est d'arriver à un consensus. L'erreur a débuté à la Table ronde de 1960 en y donnant la parole aux délégués de partis politiques au lieu des d'y convoquer les membres belges et congolais des conseils (de gouvernement, provinces, districts, territoires) que l'administration coloniale souvent plus respectueuse de la tradition que les congolais modernes avait mis en place.

Écrit par : anneet | 26/01/2012

Concernant les forces armées à part une garde républicaine et une force d'intervention rapide, les forces armées en activité devraient l'être dans leur sous-région d'origine car ainsi elles connaitraient les coutumes locales, ne causeraient aucun dommage à leurs frères et ne violeraient pas leurs soeurs et belles-soeurs.

Écrit par : anneet | 15/02/2012

L'armée congolaise a besoin de plus de descipline et du réel formation des officier .

Écrit par : gmongendjo | 15/02/2012

Qui a imposé des élections au Congo? L'étranger sans aucun doute qui ne connait que le processus électoral pour aboutir à la démocratie mais le processus électoral est inconnu du Congo traditionnel, véritable et profond et ne peut se concevoir que dans les villes ou centres extra-coutumiers et encore à condition de commencer au niveau des quartiers et des communes. En milieu coutumier il faut simplement s'appuyer sur les structures traditionnelles c'est-à-dire les chefferies, chefs de secteurs, de groupements et de villages qui généralement ont la confiance de la population.
Je ne suis toujours pas persuadé que les élections soient le passage obligé pour atteindre la démocratie. Il faut d'abord une campagne d'éducation civique comme voulait le faire Mzee Kabila avec les comités de pouvoir populaire. De plus je rappelle qu'il y a 50 ans les congolais à la Table ronde n'étaient pas des élus mais des délégués des différents partis politiques. La première erreur a été d' y prévoir des élections parlementaires alors qu'existaient de nombreux interlocuteurs congolais au niveau des divers conseils consultatifs (gouvernement général, provinces, districts, territoires). Les élections ont donné la victoire aux radicaux et le Congo a perdu la sagesse de délégués expérimentés. Mais le modèle était l'occident au lieu de prévoir quelque chose de plus authentique; bien évidemment en 1960 le Congo n'était pas indépendant mais maintenant il l'est depuis 50 ans.
Pourquoi des élections qui ne sont pas nécessairement la démocratie? Un moyen seulement mais il y en a d'autres comme les comités du pouvoir populaire qu'avait voulu instaure Laurent-Désiré Kabila.
Les hommes issus des élections, les élus sont tous des hommes nouveaux qui bien souvent ignorent les réalités du terrain, ce sont des citadins, des extra-coutumiers, même plus des incirconcis culturels.
Aujourd'hui comme demain l'opposition manifeste et puis se plaint de la réaction policière fidèle à l'autorité. Elle ne doit s'en prendre qu'à elle même. Ces manifestations démontrent l'inanité des élections donnant naissance à des antinomies regrettables dans la population

Écrit par : anneet | 16/02/2012

Qui a imposé des élections au Congo? L'étranger sans aucun doute qui ne connait que le processus électoral pour aboutir à la démocratie mais le processus électoral est inconnu du Congo traditionnel, véritable et profond et ne peut se concevoir que dans les villes ou centres extra-coutumiers et encore à condition de commencer au niveau des quartiers et des communes. En milieu coutumier il faut simplement s'appuyer sur les structures traditionnelles c'est-à-dire les chefferies, chefs de secteurs, de groupements et de villages qui généralement ont la confiance de la population.
Je ne suis toujours pas persuadé que les élections soient le passage obligé pour atteindre la démocratie. Il faut d'abord une campagne d'éducation civique comme voulait le faire Mzee Kabila avec les comités de pouvoir populaire. De plus je rappelle qu'il y a 50 ans les congolais à la Table ronde n'étaient pas des élus mais des délégués des différents partis politiques. La première erreur a été d' y prévoir des élections parlementaires alors qu'existaient de nombreux interlocuteurs congolais au niveau des divers conseils consultatifs (gouvernement général, provinces, districts, territoires). Les élections ont donné la victoire aux radicaux et le Congo a perdu la sagesse de délégués expérimentés. Mais le modèle était l'occident au lieu de prévoir quelque chose de plus authentique; bien évidemment en 1960 le Congo n'était pas indépendant mais maintenant il l'est depuis 50 ans.
Pourquoi des élections qui ne sont pas nécessairement la démocratie? Un moyen seulement mais il y en a d'autres comme les comités du pouvoir populaire qu'avait voulu instaure Laurent-Désiré Kabila.
Les hommes issus des élections, les élus sont tous des hommes nouveaux qui bien souvent ignorent les réalités du terrain, ce sont des citadins, des extra-coutumiers, même plus des incirconcis culturels.
Aujourd'hui comme demain l'opposition manifeste et puis se plaint de la réaction policière fidèle à l'autorité. Elle ne doit s'en prendre qu'à elle même. Ces manifestations démontrent l'inanité des élections donnant naissance à des antinomies regrettables dans la population

Écrit par : anneet | 16/02/2012

Pour rester sur le sujet de l'agriculture paysanne je vous rappelle qu'au temps "béni des colonies" le Congo exportait des produits alimentaires et cela grâce notamment à la culture obligatoire du coton en tête de rotation agricole car à la saison suivante cette terre était consacrée à la culture vivrière. De plus en 1960 le Haut-Uélé était riche en palmiers élaïs car un agronome de district avait obligé de planter des palmiers au sein des cotonniers.

Écrit par : anneet | 07/06/2012

La politique des paysannats qui cependant assurait un revenu assuré aux paysans n'a pas eu de succès et a été abandonnée dès la contrainte coloniale absente car il visait le déplacement pourtant limité des paysans mais non respectueux des droits coutumiers essentiels dans tout développement rural.

Écrit par : anneet | 07/06/2012

Que ferais-je si j'étais président de la RDC. Je consulterais les chefs traditionnels car ils représentent plus de la moitié du pays. J'obligerais d'apprendre à lire et à écrire à tous les enfants dans leur langue maternelle afin de sauvegarder la culture ou plutôt les cultures du pays (cette apprentissage durera normalement 3 années du primaire); une langue nationale serait mise au programme du secondaire. La capitale serait déplacée au centre du pays, la future Lumumbaville dans le territoire de Katako-Kombe à Onalua, car il est nécessaire de désengorger Kinshasa. Tout universitaire congolais désireux de travailler pour l'Etat serait préalablement soumis à un séjour d'une année dans son village d'origine. Il devrait en être de même pour tout homme politique. J'exigerais de récrire le droit familial conformément à nos droits coutumiers et non au droit de Paris (je pense spécialement à l'âge du mariage fixé à 18 ans alors que toutes nos grand-mères ont été épousées bien avant). Vous pouvez continuer aisément mon programme soucieux de respecter les us et coutumes des peuples du Congo.

Écrit par : anneet | 09/10/2013

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