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12/10/2014

Français ou lingala

Je m'étonne que sur le web certains s'expriment dans une langue coloniale alors que le français est devenu la langue de travail et d'administration de la RDC depuis l'ordonnance du 14 mai 1886 de l'Administrateur général de l'Etat Indépendant du Congo. Aujourd'hui et depuis 1958 le français est aussi la langue d'enseignement à tous les niveaux. La loi cadre n°14/004 du 11 février 2014 de l'enseignement national précise en son article 195 que: - le français est la langue d'enseignement , - les langues nationales ou les langues du milieu sont utilisées comme médium d'enseignement et d'apprentissage ainsi que comme discipline, - les langues étrangères les plus importantes au regard de nos relations économiques, politiques et diplomatiques sont instituées comme langues d’apprentissage et de discipline. Il n'en a pas toujours été ainsi au début de la colonisation les missionnaires dans les fermes-écoles enseignaient les langues locales qu'ils s'efforçaient de connaître comme le pazande, l'otetela, le lomongo, le meje, le lebéo, le kisongye, le kibwa... Mais à partir de 1929 l'administration divisa le pays en 4 aires linguistiques (lingala, kikongo, swahili et tshiluba) une véritable agression culturelle à l'égard des multiples autres langues et dialectes; ces 4 langues véhiculaires furent les seules enseignées dans l'enseignement primaire pour congolais mais depuis la rentrée scolaire 1958 le français prit leur place dès l'école primaire. Ces 4 langues véhiculaires sont devenues les langues nationales alors que je les qualifierais plutôt de coloniales en effet elles furent imposées par le colonisateur et quel sens cela avait-il d'enseigner le tshiluba aux tetela ou aux songe (songye) ou pire encore le lingala aux mangbetu et aux zandé (ces 2 derniers peuples ont leurs langues le meje et le pazande). La place du français fut encore réaffirmé en 1962 sous l'égide de l'Unesco; les 4 langues véhiculaires firent à nouveau leur apparition comme médium d'enseignement à partir de la moitié des années 70 dans les 3 premières années du primaire; est-ce une conséquence du recours à l'authenticité prônée par le président Mobutu ou plus sûrement au manque d'attrait du français qui n'est plus la seule porte d'accès au pouvoir accessible plus sûrement aux politiciens et commerçants sans oublier la pénurie d'enseignants qualifiés maîtrisant le français.
La base de la culture est la langue. Aussi je me demande pourquoi la langue de l'enseignement au Congo doit être le français dès la 1ère primaire. Il serait préférable d'apprendre à lire et à écrire dans la langue maternelle. Bien sûr à Kinshasa la langue de tous et de la rue est le lingala mais pour certains, les kongo et les luba, à la maison on parle kikongo ou tshiluba. Et en conséquence il faut y conserver les véritables langues maternelles et non ces langues véhiculaires imposées par le pouvoir colonial. La loi cadre de l'enseignement citée plus haut le permet puisqu'à côté des langues dites nationales la loi parle de langues du milieu comme médium d'enseignement et d'apprentissage. Il faut constater que certains ne maîtrisent pas le français et se sentent plus à l'aise avec la langue enseignée à leurs grands-parents.

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