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12/03/2009

Lettre ouverte à Madame la Vice-Première Ministre et Ministre des Affaires sociales et de la Santé

Le 8 mai 2008 j'adressais la lettre suivante à Madame la Vice-Première Ministre et Ministre des Affaires sociales et de la Santé et à ce jour n'ayant reçu le moindre accusé de réception je me permets de la rendre publique.

Madame la Vice-Première Ministre,

Plein d'admiration pour l'action courageuse que vous ne cessez d'entreprendre pour le bien commun, je me permets de vous adresser quelques réflexions liées à l'assurance maladie et à la santé publique.

1.1. Les cotisations perçues par les mutuelles varient d'une mutuelle à l'autre, les différences ne sont toujours pas bien perceptibles par les membres.

1.2. Les dénominations: cotisation, assurance obligatoire et assurance complémentaire ne sont pas neutres. Pourquoi ces différences de vocabulaire?

1.3. La cotisation spéciale ou cotisation légale de responsabilité financière varie également selon les mutuelles mais pourquoi cette cotisation est-elle généralement la même pour tous les membres d'une mutuelle donnée? Si cette cotisation de responsabilité financière doit être proportionnelle au déficit de l'assurance maladie, elle pourrait aussi, et de manière vraiment plus équitable, être proportionnelle au revenu des contribuables. Elle pourrait même être liée à l'impôt des personnes physiques. Qu'en pensez-vous?

1.4. La réflexion pourrait être poussée plus loin, les mutuelles sont-elles indispensables? Ne peut-on pas envisager la prestation des soins de santé sans l'obligation d'une affiliation à une mutuelle?

2.1. Depuis le 1er janvier 2000, certaines mutuelles chrétiennes incluent dans l'assurance complémentaire, condition d'affiliation à la mutuelle, une assurance hospitalisation.

2.2. Est-il normal que la mutuelle lie obligatoirement l'affiliation à une assurance hospitalisation? Le légumier du coin auquel j'achète 1 kg de poires peut-il m'obliger d'acquérir 1 kg de pommes?

2.3. Je crois savoir que depuis le 2 février 1998 les organismes financiers, banques et assurances, ne peuvent plus proposer ou gérer des produits mutualistes. Pourquoi la réciproque n'est-elle pas d'application ? Pourquoi la mutuelle  peut-elle développer des assurances?

2.4. Si la mutuelle développe l'assurance hospitalisation obligatoire, va-t-elle défendre avec autant d'assiduité le remboursement le plus complet des soins hospitaliers par l'INAMI afin de réduire le coût à charge des patients, quitte à trouver d'autres sources de financement. La mutuelle ne va-t-elle pas perdre l'esprit mutualiste au profit d'une mentalité d'assureur? Ne va-t-elle surtout pas briser le front commun des mutuelles face aux autres partenaires de la santé? Le bénéfice de l'assurance ne passera-t-il pas avant l'intérêt des mutualistes?

3.1. L'assurance dépendance flamande (zorgverzekering) ne serait-elle bonne que pour la Flandre et non pour le pays tout entier? A moins qu'elle soi mauvaise pour tous et que les francophones peuvent encore se réjouir que cette assurance ne leur soit pas imposable? Poser la question est évidemment y répondre.

3.2. Il faut féliciter ceux qui ont lancé une telle assurance garantissant la solidarité des générations.

`3.3. D'aucuns y voient une brèche dans le caractère fédéral de la sécurité sociale. A mes yeux la critique essentielle est l'option des cotisations pour son financement, il serait plus juste d'exiger de chacun une contribution proportionnelle aux revenus, de préférence par voie fiscale en levant des centimes additionnels régionaux.

4.1. Pouvez-vous m'expliquer pourquoi plusieurs hôpitaux de Bruxelles ajoutent au coût de la consultation le prix de petit matériel (gants, mouchoir, alèse...) absent de la nomenclature INAMI et sans même le signaler au client?

4.2. Est-il normal qu'étant envoyé dans un hôpital de Bruxelles pour un examen technique spécialisé, l'hôpital m'ait demandé une première consultation pour simple lecture de la lettre de mon généraliste, une deuxième consultation le jour de l'examen technique et une troisième consultation pour me remettre la réponse écrite destinée à mon généraliste?

4.3. Pourquoi certains centres hospitaliers multiplient les examens (radios, analyses...) sans en expliquer le bien-fondé aux patients?

4.4. L'augmentation des dépenses de l'assurance maladie peut aussi être le fait des patients eux-mêmes qui multiplient les visites chez les médecins. Ne pourrait-on pas limiter les consultations de spécialistes si chaque patient avait un généraliste attitré qui serait au moins informé de chaque recours au spécialiste? 

5.1. Quant aux dessous de table et suppléments non prévus à la tarification INAMI, pourquoi ne pas exclure une fois pour toutes les paiements directs du malade aux médecins, hôpitaux et autres; chacun sait que le malade ignore les tarifs. La suppression des paiements directs mettrait également fin à la fraude fiscale car même si les médecin n'est pas conventionné et peut ne pas respecter les tarifs, il doit payer ses impôts. La suppression des paiements directs éliminerait également la double facturation de certains hôpitaux où à la fin de l'administration d'une série de soins il est demandé un paiement direct contre remise de l'attestation et deux mois après ces mêmes soins sont facturés d'une part à la mutuelle et d'autre part au patient pour la partie à sa charge. Pourquoi l'INAMI ne pourrait-il pas servir d'intermédiaire entre les patients et les prestataires de soins?

5.2. Il est impératif que les mutuelles aient pour souci de servir leurs affiliés et non de céder aux médecins. Je garde un très mauvais souvenir des décisions du Comité de l'INAMI de novembre 1994 quand les mutuelles jetèrent le gant et acceptèrent que les médecins ne doivent plus inscrire sur l'attestation de soins le montant des honoraires effectivement demandés aux patients.

5.3. Pourquoi faut-il continuer à rémunérer les prestataires de soins à l'acte au lieu de le rémunérer au nombre de patients pris en charge?

6.1. Bien sûr les malades chroniques sont largement pénalisés avec le système présent de la médecine facturée à l'acte. Mais alors pourquoi ne pas préconiser la médecine forfaitaire qui existe déjà en partie dans les maisons médicales pour la médecine de premier échelon (consultations de généralistes, kinésithérapie simple et soins infirmiers).

6.2. Quand certains disent que les moins nantis se privant des soins de première ligne sont amenés plus rapidement, vu l'aggravation de leur état de santé vers les spécialistes et les hôpitaux, ils ignorent les maisons médicales ou ne veulent pas en parler.

6.3. Par ailleurs pourquoi faut-il rejeter la perspective d'une privatisation des soins de santé en pleine concertation avec l'INAMI et bien sûr sans l'exclusion de certaines catégories de malades. La rénovation de l'assurance maladie est en marche dans plusieurs pays. Les assurés seraient couverts et remboursés à 100%. Bien sûr il n'y aurait plus la pleine liberté thérapeutique du médecin et le libre choix du malade. Mais ces "libertés" ne sont-elles pas déjà maintenant chez nous celles des riches et l'exclusion des pauvres?

7.1. Les médicaments génériques ne rencontrent pas le succès escompté. Leur usage est particulièrement faible en  Belgique en comparaison avec d'autres pays d'Europe. Tous, médecins, pharmaciens et patients, ne connaissent pas assez bien les médicaments génériques.

7.2. Mais la rémunération du pharmacien est-elle vraiment la même pour les médicaments de référence, les médicaments génériques et les copies de médicaments?

7.3. Les délégués médicaux des firmes pharmaceutiques disposent d'une force de persuasion sans commune mesure avec la volonté des responsables de l'assurance maladie de promouvoir les médicaments génériques.

7.4. Pourquoi ne peut-on pas généraliser le principe de substitution donnant au pharmacien le droit officiel de remplacer un médicament mentionné sur une ordonnance médicale par un équivalent moins cher. Plus encore pourquoi le médecin au lieu de prescrire un médicament donné ne prescrirait-il pas simplement un principe actif (une molécule) laissant au seul pharmacien le soin de choisir lui-même le produit le mieux indiqué?

8.1. L'engorgement des services d'urgence des hôpitaux pourrait être en partie résolu si la pratique des paiements directs était abolie. Bien des patients préfèrent se rendre à l'hôpital pour éviter des honoraires non conventionnels.

8.2. Il faut aussi signaler que parfois c'est l'hôpital lui-même qui conseille au malade de venir le soir afin d'être soigné, le service étant saturé durant le jour. Il m'est arrivé au lendemain d'une intense journée sportive de me présenter à l'hôpital au matin, souffrant d'un ongle incarné au point de ne pouvoir me chausser, et de me voir répondre qu'au service orthopédique un rendez-vous ne pouvait être fixé que dans une dizaine de jours à moins de me présenter aux urgences le soir. Et le même jour au soir mon pied fut radiographié, incisé et recousu. Les médecins oeuvrant à temps partiel dans les hôpitaux n'ont pas intérêt à servir les patients rapidement si ce n'est en leur cabinet privé. Il n'y a donc d'autre solution pour le patient ordinaire que de se rendre aux urgences.

9. A quand une uniformisation européenne de la prestation des soins de santé? Il est rai que l'Europe n'est pas cette des citoyens mais de la commercialisation et de la finance.

Dans l'espoir qu'il vous plaira de bien vouloir lire ces quelques réflexions, je vous prie d'agréer, Madame la Vice-Première Ministre, l'expression de mes sentiments les plus reconnaissants et respectueux.


  

11:01 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)

10/03/2009

Appel aux partis francophones

Les préoccupations premières des citoyens sont le bien-être, l¹emploi, la sécurité, le salaire, la sécurité sociale, l¹environnement et non la problématique de l¹institutionnel et les questions communautaires. Pourtant l¹institutionnel et le communautaire font depuis quelques années déjà le quotidien de la politique belge; tout comme le furent précédemment les questions royale et scolaire. Tout cela au bénéfice des choses bien établies et au détriment des changements et du progrès. Le conservatisme demeure le grand vainqueur.

Ce préalable étant dit je souhaite néanmoins apporter ma contribution très personnelle aux présent et futur de la politique belge.

Non seulement la Belgique est un accident de l¹histoire mais Bruxelles francophone l¹est aussi, qui plus est, par la volonté des bourgeois ne voulant pas parler la langue du peuple.

Que souhaitent les francophones si ce n¹est élire leurs parlementaires sur des listes francophones, être jugés dans leur langue, envoyer leurs enfants dans des écoles francophones, ouvrir des centres culturels francophones, obtenir tous les papiers administratifs dans leur langue, etc... Ils n¹ont que faire d¹une Communauté française ou d¹une Communauté Wallonie-Bruxelles ni même d¹une Région de Bruxelles ou d¹un gouverneur de l¹arrondissement administratif de Bruxelles-Capitale. Que Bruxelles rejoigne le Brabant flamand mais qu¹en contre-partie tous les francophones habitant la Flandre puissent voir leur langue admise et respectée et leurs droits fondamentaux individuels reconnus comme dans les actuelles communes à facilités. Pourquoi émettre le voeu impossible de l¹élargissement des limites territoriales de Bruxelles si les facilités étaient étendues à toute la Flandre?

Voilà bien la différence d¹intérêt entre les francophones et les politiciens francophones. En conséquence de ce qui précède l¹exécutif et le parlement bruxellois seraient supprimés ainsi que ceux de la Communauté française. Resteraient donc la Flandre, la Wallonie et la région germanophone ou tout au moins une communauté germanophone peut-être incluse dans la Wallonie, aux habitants des communes concernées de décider. Belle économie au profit des citoyens et peut-être échec pour les politiciens de métier. Voilà pourquoi ma proposition ne pourra-t-elle pas être prise au sérieux!

Le compromis préconisé a l¹avantage de demander à la Flandre des concessions accordées dans la droite ligne du respect des minorités et la cession de Bruxelles peut apparaître comme une victoire des partis flamands.

Si l¹ensemble de la classe politique ne peut arriver au compromis avancé ci-dessus ne nous étonnons pas que l¹indépendance de la Flandre soit prônée par d¹aucuns comme le manifeste ³In de Warande². A contrario l¹indépendance de la Flandre poserait sans doute moins de problèmes linguistiques pour les francophones car les Flandriens deviendraient bien vite trilingues comme les habitants des Pays-Bas ou quatrilingues comme ceux de Suède. Quant à la Wallonie elle pourrait enfin envisager le rattachement à la France.

Post-scriptum
Bien que francophone je fais miennes les revendications flamandes sans doute parce que bruxelloise depuis plus de 400 ans ma famille paternelle est donc d¹origine flamande. Ma famille maternelle est d'origine bruxelloise depuis plus de 200 ans. Si mes aïeux tant paternels que maternels ont pratiqué le français, c¹est parce qu¹ayant ³réussi² socialement et devenus bourgeois, ils ne voulaient plus parler la langue du peuple. Aux francophones prétextant défendre le droit des gens contre le droit du sol je dis que dans 15 ans la langue la plus parlée à Bruxelles sera l¹arabe.

09:49 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0)

06/03/2009

Soins de santé trop libéraux

Les assurances privées soins de santé aux Etats-Unis sont de tous types; certaines laissent aux patients le libre choix des médecins, d'autres imposent leurs médecins.

On pourrait s'en inspirer en Belgique car pourquoi laisser le libre choix absolu; pour commencer on pourrait se limiter aux médecins conventionnés et qui pratiquent réellement le tarif Inami et délivrent aux patients l'attestation nécessaire au remboursement correctement et complètement remplie.

Pourquoi puis-je me permettre de consulter de ma propre initiative plusieurs spécialistes pour une même affection. De plus ces spécialistes ne sont même pas obligés de faire rapport à mon généraliste.

Encore faudrait-il bien sûr que chacun ait fait le choix d'un médecin généraliste de référence responsable de la santé de ses patients comme c'est le cas dans plusieurs pays.

16:09 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (4)