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02/02/2009

Justine Henin et les déplacés du Kivu

J'ai suivi le 30 janvier 2009 le journal télévisé RTL avec la nouvelle ambassadrice de l'Unicef Justine Henin mais je reste sur ma faim de savoir qui sont ces déplacés au Kivu en RDC. Des congolais autochtones du coin, des étrangers hutus ou les ennemis du CNDP à savoir des maï maï du Pareco? Etes-vous aussi bien certain que les auteurs des violences soient bien les gens du CNDP, ce que le journaliste semblait insinuer. Des hutus sont venus au Kivu depuis la prise de Kigali par le FPR en juillet 1994. De plus il faut comprendre la mentalité locale et à ce niveau et en temps de guerre il est normal de ne pas distinguer entre civils et combattants.  Par contre j'ai bien vu que les déplacés ont relativement bien de la chance et ils sont mieux lotis que la plupart des congolais ordinaires: ils sont logés, nourris, soignés, ont des écoles pour leurs enfants et ils reçoivent même des moustiquaires...D'autre part comme ambassadrice vous auriez pu choisir une personne un peu plus civique; Justine Henin n'a-t-elle pas au temps de sa gloire éludé l'impôt en se domiciliant en dehors du territoire national. 

31/01/2009

Manifestation pour le Congo organisée à Bruxelles samedi 31 janvier 2009 à 14h00 devant la Gare du Nord.

L'organisation à la base de la manifestation est la "Communauté Congolaise Patriote de Belgique" qui réclame:
1°) Le retrait des troupes armées rwandaises et ougandaises du territoire de la République démocratique du Congo.
2°) La démission immédiate de Joseph Kabila pour motif de haute trahison en vertu de l’article 74 de la «Constitution» promulguée le 18 février 2006.
3°) L'arrestation et l'extradition immédiate vers la Cour Pénale Internationale de La Haye pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, conformément au statut de Rome, de Laurent Nkunda, Joseph Kabila, Paul Kagamé, Yoweri Museveni, James Kabarebe, Bosco Ntaganda et leurs complices africains et occidentaux.
4°) La suppression de l'aide financière annuelle équivalente à 200 millions d'euros (environ 8 milliards de FB) accordée par la Belgique au Congo.
5°) Le respect des frontières du Congo et de la souveraineté du peuple congolais par les chancelleries et les gouvernements européens.
Aussi leur principal slogan est contre l'initiative de paix du Président Sarkozy qui vise à la balkanisation de la République démocratique du Congo.
Plusieurs slogans contre Louis Michel pour son soutien à Joseph Kabila et également contre Didier Reynders ainsi que d'autres contre le massacre des hutus et des congolais. Je constate que voilà des congolais, partisans de Jean-Pierre Bemba, volent au secours des hutus donc des FDLR qu'un accord entre Kinshasa et Kigali a pour but de mettre hors d'état de nuire.

21/01/2009

Le peuple congolais réclame justice, paix et prospérité - Manifestation du 17 janvier 2009 devant le siège du MR à Bruxelles

A  l'attention  de tous ceux qui ont participé à cette petite manifestation ou qui en partagent les objectifs

Je vous invite à consulter mon blog: 
Nous pourrons ainsi échanger quelques idées et opinions personnelles et en ce qui me concerne peu conformistes.
Concernant le Congo je veux vous signaler que je m'y suis intéressé sur le plan dès mes études supérieures en 1953.
Envoyé au Congo par l'Université libre de Bruxelles pour y étudier la question démographique de l'ethnie zande j'ai été amené à séjourner dans de nombreux villages du nord-est du Congo. Dès le début 1959 j'ai adhéré au Mouvement national congolais. J'étais chaud partisan de l'Indépendance car j'y ai connu le colonialisme et l'apartheid que j'ai dénoncé dans l'hebdomadaire La Gauche; cet écrit et mes contacts avec les milieux nationalistes congolais me valurent un rapport de la sûreté coloniale belge daté du 24 novembre 1959. 
A l'intention de mes lecteurs africains et congolais je voudrais rappeler que "Le fait d'être noir ou africain ne suffit pas pour connaître son peuple. Cela ne se fait pas spontanément de retrouver le chemin de la pensée africaine. Ceux qui sont dans les grands séminaires sont comme des incirconcis culturels par rapport à ce qui se passe dans les bosquets et les savanes africains" (Paroles de Mgr Kileshye, secrétaire  de la Commission épiscopale pour le développement lors du 3ème Séminaire national "Eglise et développement", Kinshasa 15/22 novembre 1981).
Ma présence à la petite manifestation de ce jour devant le siège du MR n'avait d'autre but que celui de m'informer. Je ne partage pas entièrement les objectifs de la manifestation:  "Commémorer la date anniversaire de l'assassinat du Martyr Congolais, Patrice ÉMERY LUMUMBA et revendiquer à cette occasion, la Justice, la Paix et la Prospérité pour le Peuple Congolais. Demander la traduction de Joseph KABILA, Laurent NKUNDA, Paul KAGAME, Yoweri MUSEVENI et leurs complices devant la Cour Pénale Internationale de La Haye". 
Je me pose d'ailleurs plusieurs questions.  Pourquoi associer vos revendications à la date du 17 janvier, tous les Congolais semblent aujourd'hui se revendiquer de Lumumba, or il m'a semblé apercevoir parmi les vôtres de chauds partisans de Mobutu, le responsable de l'arrestation du premier Premier Ministre du Congo? Pourquoi associer Joseph Kabila, Laurent Nkunda,Yoweri Museveni et  Paul Kagame, sans doute à cause de leur appartenance  commune réelle ou supposée (pour Joseph Kabila) à l'ethnie tutsie? Concernant Kabila j'aime cependant rappeler qu'il doit sa victoire au 2ème tour de l'élection présidentielle à son alliance avec le Palu qui reste le parti lumumbiste nationaliste le plus structuré et proche de la population. Sans doute certains peuvent rétorquer que c'était une alliance stratégique pour Kabila et du moindre mal pour le Palu. Parmi les forces armées en présence au Kivu quels sont  celles qui commettent le  plus d'exactions contre les populations civiles: le CNDP (Congrès national de défense du peuple), les FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo, les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), les Maï-Maï du Pareco (Patriotes résistants congolais)?  Personnellement j'estime que ce sont les FARDC et les FDLR qui sont totalement étrangères aux populations tandis que les autres font généralement corps avec leurs populations; voilà pourquoi il y a lieu de démobiliser l'entièreté de l'armée et de la remplacer par des forces locales de protection de la population à l'instar des gardes civiques misent en place dans les villes en Europe après la défaite de Napoléon en 1815. 
Par contre je comprends et partage parfaitement votre opposition au Commissaire européen Louis MICHEL, chaud partisan et promoteur des élections congolaises. Personnellement je me suis opposé aux élections congolaises dès mars 2006: élections que je qualifiais une affaire de riches et de puissants dans un papier adressé à La Libre Belgique. La restitution du pouvoir politique au peuple congolais par la création proclamée le 21 janvier 1999 par Laurent Désiré Kabila des Comités du pouvoir populaire tranche fondamentalement avec les élections préparées et voulues par l'étranger. Les comités du pouvoir populaire devaient donner une chance de s'engager aux représentants directs de la population démunie. Dans chaque rue, quartier, commune ou village, la population choisissait ses représentants. Cette initiative de démocratie directe fut brusquement interrompue en 2001 par des gens qui se disaient nationalistes et kabilistes mais ne comprenaient pas le combat de Kabila pour un Etat populaire et non pour un Etat au service de l'étranger.
Je me permets de vous rappeler quelques vérités historiques:
1°) "Quand la guerre civile débute au Zaïre voisin, les soldats de Museveni seront un soutien important au dissident Laurent-Désiré Kabila qui renversera Mobutu. Après s'être brouillé avec Kabila, président du Zaïre, rebaptisé Congo, l´armée de Museveni luttera avec les rebelles de Jean-Pierre Bemba contre Kabila, mais ce soutien de Museveni aura un prix, ces soldats ne se gêneront pas pour piller les mines de diamants à Kisangani et d´or en Ituri. Museveni en tirera un gros profits. Ces opérations militaires seront soutenues par la Grande-Bretagne et les États-unis" (encyclopédie Wikipédia).
2°) Le Congo-Kinshasa compte quelques  250 ethnies qui peuvent être réparties en plusieurs groupes. Le premier groupe est formé par les peuples bantous (env. 80 % de la population) dont les principales ethnies sont les Luba (18 %), les Mongo (17 %), les Kongo (12 %) et les Rwandais hutus et tutsis (10 %); les autres ethnies bantoues sont les Lunda, les Tchokwé, les Tetela, les Bangala, les Shi, les Nande, les Hunde, les Nyanga, les Tembo et les Bembe. Les ethnies non bantoues se répartissent entre les Soudanais (Ngbandi, Ngbaka, Mbanja, Moru-Mangbetu et Zande), les Nilotiques (Alur, Lugbara et Logo), les Chamites (Hima) et les Pygmées (Mbuti, Twa, Baka, Babinga). Les Nilotiques et les Chamites, qui ont jadis quitté la vallée du Nil, ont été confrontés aux migrations bantoues, mais ont dû peu à peu laisser la place.
3°) Le 14 septembre 1960, le colonel Joseph-Désiré Mobutu tenta un premier coup d’État avec le soutien de la CIA américaine. L’horrible guerre civile qui s’ensuivit sur l’ensemble du territoire fut marquée par l’intervention des mercenaires étrangers (belges, français et sud-africains), de casques bleus de l’ONU et par l’assassinat de Patrice Lumumba (en janvier 1961). La sécession katangaise prit fin en 1963, mais la rébellion des lumumbistes se poursuivit jusqu’en 1964. À la fin de 1964, le commandant en chef, le colonel Mobutu, s’empara du pouvoir et, après avoir déposé le président Kasavubu, se proclama lui-même président du Congo belge. Lorsque le colonel Mobutu Sese Seko — Joseph-Désiré Mobutu dit Sese Seko Kuku Ngbendu Waza Banga, ce qui signifie «guerrier qui va de victoire en victoire sans que personne ne puisse l’arrêter» — prit le pouvoir en 1965, appuyé par des États extérieurs (dont la Belgique, la France et les États-Unis), il instaura un régime autoritaire de type présidentiel fondé sur un parti unique, le Mouvement populaire de la révolution (MPR), et entériné par une nouvelle constitution en 1967.
4°) Les 32 ans de régime autoritaire avaient rendu Mobutu (promu maréchal en 1982) très impopulaire. Sa garde présidentielle mono-ethnique, composée uniquement d’éléments originaires de son village ou de son ethnie, les Ngbandi, et l’Armée nationale (composée en grande partie de mercenaires) avaient répandu la terreur et assuré la dictature du maréchal-président. Celui-ci aimait déclarer que «les Zaïrois me doivent tout», mais en 1997 le Zaïre en était au même point qu’au moment de la décolonisation. En effet, le PIB équivalait fondamentalement à celui de 1958, alors que la population avait triplé, le revenu fiscal représentait moins de 4 % du PIB contre 17 % avant l'indépendance, la plupart des entreprises étaient acculées à la faillite, le poids de la dette extérieure continuait à compromettre les initiatives et politiques de développement et à miner les possibilités de croissance. Le Zaïre était saigné à blanc! On estime par ailleurs que, de 1908 à 1997, plus de 10 millions de Zaïrois/Congolais auraient été massacrés par les autorités en place (Léopold II, Congo belge et Mobutu). (http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/czaire.htm)
5°) Ancien compagnon de Patrice Lumumba ayant survécu grâce à la guérilla et à divers trafics, Laurent-Désiré Kabila fut choisi en 1996 par l’Ouganda (Yoweri Museveni), le Rwanda (Paul Kagame) et le Burundi (Pierre Buyoya), tous alliés des États-Unis, pour occuper la succession de Mobutu. L’année suivante, la rébellion de Laurent-Désiré Kabila, aidée militairement par l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et l’Angola, entra dans Kinshasa et chassa le président Mobutu (17 mai 1997), lequel se réfugia au Maroc pour y décéder deux mois plus tard. Après sa prise du pouvoir, Laurent-Désiré Kabila, le chef de l'Alliance des forces démocratiques de libération du Congo (ADFL), mais aussi trafiqueur d’or, de diamant et d’ivoire, suspendit toutes les institutions congolaises, notamment le Parlement, les partis d’opposition et la Constitution, puis forma un gouvernement constitué de nouvelles personnalités, puis nomma des étrangers originaires du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda (les pays «parrains») à des postes stratégiques, tout en assumant seul les pouvoirs législatif et exécutif. (http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/czaire.htm)
6°) En 1998, le président Laurent-Désiré Kabila se tourna contre ses «parrains» (l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi) qui occupaient encore l’est et le nord du pays. Il renvoya dans leur pays tous les soldats rwandais, ce qui mettait fin à toute relation avec l’un des alliés qui, avec l'Ouganda, lui avait permis de prendre le pouvoir en 1997. Or, le Rwanda et l'Ouganda ont réagi en envahissant le Congo-Kinshasa et en s'alliant avec une branche rebelle des Forces armées congolaises (FAC) basée à Goma et Bukavu. Quoi qu’il en soit, Laurent-Désiré Kabila, le successeur de Joseph-Désiré Mobutu, fut abattu, le 16 janvier 2001.
7°) Après quelques jours de désarroi et de tension autour de la mort de Kabila 1er surnommé depuis le Mzee (le «Sage»), le «Parlement provisoire» du Congo-Kinshasa choisit alors la «solution dynastique» et proclama, le 24 janvier 2001, en tant que «président de la République» le général-major Joseph Kabila, fils aîné du président assassiné. Ce jeune inconnu, alors âgé de 29 ans, est resté encadré par un «conseil de régence» dans lequel on trouvait trois cousins de son père sous la protection de deux beaux-pères paternels. Le nouveau Kabila II, né de mère tutsie rwandaise et parlant plus facilement le swahili et l’anglais que le lingala et le français, a hérité d’un géant divisé en trois zones occupées où l’État n’existait plus, sauf à Kinshasa. Dans son premier discours à la Nation, le 26 janvier 2001, le «plus jeune président du monde» a promis l'«ouverture» du régime hérité de son père et a adressé spécialement sa «gratitude» à la France, rappelé les «liens historiques» avec la Belgique et affirmé vouloir «normaliser ses rapports avec la nouvelle administration américaine». 
8°) En février 2005, la République démocratique du Congo s'est officiellement dotée d'une nouvelle constitution censée mettre fin à des décennies de dictature. La Constitution, qui opte pour un régime semi-présidentiel dans un État unitaire fortement décentralisé, a été approuvée à plus de 84 % par référendum le 18 décembre 2005.