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13/07/2009

La Force publique du Congo belge

Aux nostalgiques d'une armée congolaise autoritaire et impériale je dédie cette note d'histoire.
Pendant la guerre 1914-1918
Quoique la Force publique, ancêtre des FARDC, n'eut été organisée que pour maintenir l'ordre intérieur, le Gouvernement belge décida de l'envoyer combattre aux côtés des alliés. Les troupes coloniales belges prirent part à la conquête du Cameroun avec la France, à la défense de la Rhodésie avec les Britanniques puis encore avec ces  derniers à l'invasion de l'Afrique orientale allemande.
Conquête du Cameroun
Dès le début de la guerre, le Gouvernement français sollicite le concours des forces  belges pour appuyer les détachements français au Cameroun. Les troupes coloniales belges participent, en octobre 1914, à la prise de Nzimu, puis de Mulundu et de Lomie. En octobre 1915, a lieu la prise de Yaoundé, résidence du Gouverneur allemand. Le 28 janvier 1916 les honneurs sont solennellement rendus, dans cette place, aux drapeaux des trois armées alliées par des détachements français, anglais et belges.
Campagne belge en Rhodésie
Dès septembre 1914, les Allemands attaquèrent la ville d'Abercorn en Rhodésie. A la demande du gouvernement anglais, deux compagnies belges furent envoyées au secours d'Abercorn. En juin 1915, le poste de Saisi, à 35 km. d'Abercorn, fut attaqué. Saisi est assiégé deux fois par les Allemands. Le second siège dure huit jours, mais il est levé à la suite des secours apportés par les troupes belges commandés par le major De Koninck. En novembre 1916, le détachement belge quitte définitivement la Rhodésie.
Campagne belge en Afrique orientale allemande
L'offensive contre la colonie allemande est déclenchée en avril 1916 et dès le mois de juin les Belges s'emparent, après plusieurs combats, du Rwanda et du Burundi.  Les troupes coloniales belges se dirigent ensuite vers le chemin de fer de Kigoma à Tabora, s'emparent de la plus grande partie de la ligne et entrent à Kigoma le 28 juillet 1916. La prise d e ce port facilite l'approvisionnement en rendant possible l'utilisation du lac Tanganika. Pour la prise de Tabora, deux brigades y convergent, l'une du nord venant de Mwanza, l'autre du sud s'avançant le long de la ligne de chemin de fer Kigoma-Tabora. A dater du 1er septembre, les troupes coloniales belges livrent une série d'engagements qui se terminent par la prise de Tabora que les troupes ennemies abandonnent le 18 septembre 1916. Le lendemain, 19 septembre 1916, le général Tombeur, à la tête des troupes belges, entre dans la capitale de l'Afrique orientale allemande.
Campagne 1917-1918
En 1917, les troupes belges, sous les ordres du lieutenant colonel Huyghe coopèrent à l'attaque des forces ennemies dirigées par Wintgen, qui est fait prisonnier. Elles couronnent leur intervention par la victoire de Mahenge dans laquelle elles entrent le 9 octobre 1917.
Campagne africaine de 1940-1945
Après la capitulation de l'armée belge, le Congo belge resta dans la guerre aux côtés des alliés. Le Gouvernement de la Colonie à Léopoldville en accord avec le Gouvernement belge de Londres organisa les forces militaires belges qui pourraient participer à la lutte commune.
Dès le début 1941 les troupes coloniales qui devaient éventuellement défendre le Congo contre les Italiens se concentrent au nord-est et dès février 1941 entament leur offensive, elles traversent le Soudan pour attaquer le massif éthiopien italien. Successivement ce sont les victoire d'Asosa (11 mars 1941), de Gambela (22 mars 1941) et de Saio (5/6 juillet 1941).
L'Afrique occidentale française ne s'étant pas ralliée au général de Gaulle, des troupes belges  sont envoyées en juillet 1942 au Nigeria, au Dahomey(Bénin) et au Togo. Après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (8 novembre 1942), ce corps  d'armée de quelque 10.000 hommes fut expédié en Egypte, rejoignant le Caire par l'Afrique équatoriale française, Khartoum et le désert de Nubie.
Le corps expéditionnaire belge fut rapatrié au Congo en août 1944.
Au cours de la guerre un hôpital de campagne composé d'une vingtaine d'européens et de 400 congolais fit constitué au Congo et apporta son concours sur les fronts d'Afrique puis spécialement en Extrême-Orient, en Birmanie. Cet hôpital quitta Stanleyville le 10 novembre 1943 pour atteindre Nairobi à la Noël,  et embarqua le 22 février 1944 pour la Birmanie.
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Sources:
- Guide du voyageur au Congo belge et au Ruanda-Urundi, Bruxelles, 1ère édition, 1949
- LAMBIN Francis, Congo belge, Bruxelles, Ed. Cuypers, 1948
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05/07/2009

Sud-Kivu : les femmes violées rapportent gros aux Ong

Que pensez-vous de cette information de Syfia Grands Lacs

Sud-Kivu: les femmes violées rapportent gros aux Ong

A Bukavu, une multitude d'Ong s'occupent aujourd'hui des femmes violées qui attirent de nombreux financements internationaux. Souvent cet argent enrichit plus les responsables d'association qu'il n'aide les nombreuses victimes…
"C’est seulement une infime partie de l’aide allouée aux victimes des violences sexuelles qui leur parvient", estime Salvator Mubalama, le responsable de Coalition des paysans producteurs agricoles pour le développement intégré (Copadi), de Kaniola, à l’ouest de Bukavu (à l’est de la RDC) où les vi ols ont été particulièrement nombreux. Et pourtant, les associations censées leur venir en aide sont légion. La Commission provinciale de lutte contre les violences sexuelles (CPLVS) regroupe 155 Ong locales, d'autres n’appartiennent à aucun collectif et plus de dix Ong internationales financent des activités dans ce domaine, "parce que les viols perpétrés en RDC ont stimulé la solidarité internationale et suscité la compassion pour les victimes", reconnaît Cyprien Birhingingwa, président de la Société civile du Sud-Kivu.
Un secteur lucratif
C'est ainsi que ceux qui interviennent dans ce domaine s'enrichissent parfois rapidement, dénonce Jean Mwilarhe, membre de l’Ong des droits de l’homme Reprodhoc/Sud-Kivu : "Des responsables locaux d’Ong internationales qui interviennent dans des activités d'aide sur les violences faites à la femme, créent leurs propres associations, mais les financements ne parviennent pas aux victimes". "Elles dilapident les fonds destinés aux femmes violées dans des dépenses d’administration des projets, scandaleuses aux yeux des victimes", ajoute S. Mubalama. "Une Ong internationale a fait le trajet Bukavu-Walungu, deux fois par mois pendant 6 mois, ce qui a consommé environ 1800 $ outre les frais de séjour, pour faire le suivi d'un microcrédit de 2 000 $, soit 20 $ remis à chacune des cent femmes violées pour leur réinsertion économique", s'étonne-t-il.
"Comme beaucoup de fonds y sont consacrés et que le gouvernement n’a pas dicté une politique d’intervention des Ong, certaines d'entre elles changent tout simplement d'activité et s’impliquent dans la prise en charge des femmes violées", regrette Anne Chirume, une analyste. Le secteur regorge ainsi d'amateurs et d'opportunistes. "La majorité ne sont pas formés pour ce délicat travail qui engage la vie des femmes", se plaint Adèle Kagarabi , présidente de la CPLVS.
Cependant, d’autres Ong sont convaincues qu’il n’est pas nécessaire d’attendre des financements extérieurs pour venir en aide aux victimes. Elles font un travail remarquable avec des moyens très limités et dans des lieux où les grandes institutions n’arrivent pas. "Le 12 et le 16 juin, nous avons consulté et soigné dans notre clinique mobile, 37 femmes et 20 fillettes violées à Izege et Mwirama/Walungu (à 145 km à l’ouest de Bukavu). Il y a 4 ans, elles n’avaient reçu que des premiers soins, puis ont été abandonnées jusqu’à ce jour", déclare Paul Ramazani, coordinateur de Fondation Rama-Levina, une association locale de dix personnes dont quatre médecins qui interviennent grâce aux cotisations des membres.
Des aides diverses
Les victimes des viols sont, elles, convaincues que de l'argent est versé pour elles aux Ong qui viennent leur parler. Mais elles n'en reçoivent pas toujours, constate Gisèle Faida, chargée de programme du Collectif des femmes agissant en synergie (Cofas). Pour justifier leurs dépenses, les Ong présentent des statistiques qui sont loin de la réalité.
Certaines femmes profitent aussi de la multiplication de ces Ong. Comme les déplacées sont nombreuses, de vraies ou fausses victimes de viol arrivent à se faire enregistrer plusieurs fois "pour profiter des petites aides qui nous sont destinées", confie N. L., l'une d'elles qui ne cache pas ses raisons d'agir ainsi, "parce qu’ils s’enrichissent grâce à notre souffrance".
"Les bienfaiteurs nous envoient des aides multiformes : nous remonter le moral, faciliter une activité économique une fois rentrée dans la communauté, payer les soins médicaux des femmes violées malades et accompagner le dossier judiciaire des victimes qui portent plainte", déclare une victime, sous anonymat.
Selon un responsable de Family health International (FHI) qui préfère taire son nom, "les victimes des viols qui se plaignent de ne pas être bien considérées, ignorent le volume de l’assistance qui leur est destinée. Au FHI, nous payons les frais de l’accompagnement psychologique puis le déplacement et le séjour de la victime".
Pour attaquer le mal à la racine, Uwaki (Union des femmes paysannes du Sud-Kivu), en collaboration avec d’autres associations, a choisi de faire de la prévention à travers une campagne "Nous pouvons mettre fin aux violences faites à la femme".
Bukavu, 4/07/2009 (Syfia Grands Lacs, via mediacongo.net)

21/06/2009

FARDC

Non les FARDC ne sont pas des forces locales de protection. Elles sont aussi généralement des forces étrangères à la région où elles opèrent. De plus elles n'ont pour objectif que d'asseoir le pouvoir de l'Etat et non la défense des populations locales. Elles sont l'héritière de l'armée coloniale. Elles usent et abusent habituellement de la force et de la violence au lieu d'agir par persuasion et collaboration. Et pourtant faisant fi des véritables intérêts des populations les Etats-Unis, la Belgique et la France veulent coopérer à la réorganisation de l'armée nationale congolaise.
La mission des FARDC est toute théorique dans la réalité d'aujourd'hui due à la non-gérance, voilà pourquoi je préconise des forces locales tout comme en Europe après la défaite de Napoléon en 1815 quand les bourgeois des villes armèrent des gardes civiques pour se protéger des bandes armées de la déroute impériale.